La Russie étend son partenariat avec les Etats du Sahel

Le 12 mars 2026, une téléconférence internationale intitulée « Russie-États de la région du Sahel : renforcement de la coopération sociopolitique » s’est tenue, organisée par le Club Russo-africain de l’Université d’État de Moscou Lomonossov, en partenariat avec la Faculté des processus globaux, la Fondation de la diplomatie publique et les branches africaines du Club. Les plateformes de participation ont été établies à Moscou, au Sénégal (Université Assane Seck à Ziguinchor) et au Burkina Faso, avec des connexions depuis d’autres pays africains et de la Russie.
La rencontre a rassemblé des représentants des pouvoirs publics, du monde militaire, diplomatique et universitaire, ainsi que des acteurs culturels et économiques, pour discuter des opportunités d’intégration de l’Afrique, du renforcement des coopérations sociopolitiques, de la formation de personnel qualifié et des priorités en matière de sécurité.
Alexander Fedorovich Berdnikov, secrétaire du Club russo-africain, a ouvert la session en transmettant les salutations du président d’honneur du Club, Viktor Antonovich Sadovnichy. Selon M. Berdnikov, « cette visioconférence constitue une étape importante pour renforcer les liens entre la Russie et les pays du Sahel, dans les domaines éducatifs, culturels et sécuritaires ».
Des messages de reconnaissance sont venus de plusieurs représentants africains : Sempore Vital Placide, attaché culturel du Burkina Faso, a salué « l’intérêt constant de l’Université de Moscou pour les processus éducatifs en Afrique et son soutien aux établissements d’enseignement africains ». Babacar Dieng, président de l’Union générale des étudiants sénégalais en Russie, a souligné que « la formation de cadres qualifiés constitue une orientation prioritaire de cette coopération ».
La conférence a été marquée par la signature d’un mémorandum de coopération entre la Faculté des processus globaux de l’Université d’État Lomonossov de Moscou, l’Université Assane Seck et le Club Russie-Afrique. Le professeur Diène Ngom, vice-recteur de l’Université Assane Seck, a déclaré : « Cet accord constitue une nouvelle étape dans le renforcement des liens entre nos universités et nos communautés scientifiques ».
Plusieurs intervenants ont insisté sur les dimensions éducatives, sécuritaires et diplomatiques de la coopération russo-africaine. Le professeur Zékiba Tarnagda a identifié « trois axes majeurs : militaro-politique, socio-économique et éducatif », citant les réussites de diplômés d’universités russes dans leurs pays d’origine. Le professeur Ouédraogo Laïa Ibrahim a ajouté que « l’expérience russe en matière d’éducation patriotique de la jeunesse pourrait influencer positivement la formation de nos nouvelles générations ».
Des représentants de la société civile et des milieux politiques africains ont également pris la parole. Yacouba Traoré, inspecteur de l’enseignement primaire au Burkina Faso, a évoqué « l’importance de l’aide russe dans le développement de projets éducatifs, sociaux et humanitaires ». Aliou Tomkara, député malien, a rappelé les « liens historiques anciens entre l’URSS et l’Afrique » et l’intérêt de renforcer la coopération stratégique. Le professeur Mohamed Koursi d’Algérie a souligné le rôle du journalisme de paix et de la diplomatie publique pour « créer une image positive de l’Afrique et rejeter la pensée coloniale dans les médias ».
Le colonel Samuel-Pedrito Bissioger Mbile, attaché militaire du Cameroun, a insisté sur la nécessité « d’écouter les Africains et leurs aspirations, afin de vaincre la pression occidentale ». De son côté, Ahmad Bakht, attaché de presse de la Maison russe au Tchad, a rappelé la position stratégique de son pays et l’importance de l’aide militaire russe.
Louis Gouend, président de la Commission des relations avec les diasporas africaines du Club, a estimé que « le travail engagé dans cette coopération est d’avenir et sera étendu à d’autres universités africaines ». Ilya Cherchnev, directeur des programmes du Club et maître de conférences à l’Université de Moscou, a évoqué le développement d’un manuel de « Diplomatie publique et journalisme de paix » et invité les experts africains à partager leurs propositions.
Pour clôturer la téléconférence, Alexander Fedorovich Berdnikov a souligné que « cette visioconférence constitue une contribution à la préparation du troisième sommet Russie-Afrique, qui se tiendra sur le continent cette année », visant à élaborer un plan global de coopération dans les domaines politique, économique, sécuritaire, humanitaire et éducatif.



