Société, Culture

le Directeur de l’Institut de Gorée, Doudou Dia, propose un plan de rupture

Le Directeur général de l’Institut de Gorée, Doudou Dia, a livré ce mardi une réflexion dense sur les défis de l’inclusion, du rôle de la jeunesse et de l’avenir du continent africain, lors du symposium annuel de l’Institution, sur l’île de Gorée. Dans une intervention marquée par une ton à la fois critique et porteur d’espoir, il a appelé à repenser les fondements du développement, bien au-delà des seules considérations économiques.
Pour Doudou Dia, réduire l’inclusion à sa dimension économique serait une erreur majeure. « Quand on parle d’inclusion, c’est à tous les niveaux : politique, social et économique », a-t-il insisté. Selon lui, l’emploi ne peut être dissocié de ce qui le précède : l’intégrité, la compétence et surtout le socle de valeurs sociétales.
Dans un contexte où « la société s’effrite », il alerte sur la montée des divisions et la perte du vivre-ensemble. D’où la nécessité, selon lui, de raviver ce « désir d’être ensemble » qui fonde toute nation.
L’État et l’urgence d’un cadre favorable à l’emploi
Abordant la question de l’emploi des jeunes, le directeur de l’Institut de Gorée appelle l’État à jouer un rôle facilitateur. Il plaide pour la création d’espaces propices à l’investissement afin de stimuler l’employabilité.
Mais au-delà de l’action publique, il rencontre en avant un enjeu plus large : celui de l’autosuffisance africaine. «L’Afrique doit puiser dans son propre réservoir», affirme-t-il, appelant à libérer les jeunes de tout complexe et à faire du continent «le protagoniste de son propre destin».
Cette autosuffisance, précise-t-il, doit être à la fois intellectuelle et économique, passant par la valorisation de la production africaine sous toutes ses formes.
L’Afrique, continent de l’espoir
Dans un monde marqué par l’incertitude, Doudou Dia oppose une vision résolument optimiste. «L’émotion la plus partagée aujourd’hui est la peur. Mais l’Afrique n’est pas le continent de la peur, c’est celui de l’espoir», a-t-il déclaré.
Refusant toute position de victime, il rappelle les siècles d’humiliation subie par le continent, tout en appelant à ne pas reproduire ces schémas. Pour lui, l’Afrique doit désormais s’affirmer comme un espace de dignité et d’opportunités.
Jeunesse : entre pièges et responsabilité
S’adressant directement aux jeunes, il se montre à la fois exigeante et préoccupée. Il met en garde contre « le piège du populisme » et « la tentation de la facilité », pointant du doigt les failles du système éducatif.
«L’éducation est le creuset du savoir», rappelle-t-il, regrettant la perte de l’esprit de débat et d’échange qui animait autrefois les universités. Face à cela, il appelle les jeunes à «se faire violence», c’est-à-dire à faire preuve d’honnêteté envers eux-mêmes et à privilégier deux valeurs fondamentales : la compétence et l’intégrité.
Il met également en garde contre les dérives idéologiques et les manipulations de masse, notamment autour de la remise en cause des principes démocratiques. « La démocratie repose sur des valeurs universelles comme la justice et la liberté », souligne-t-il.
Une nouvelle génération face à son destin
Doudou Dia a inscrit le combat actuel des politiques dans une continuité historique. Des indépendances des années 1960 aux luttes pour les libertés et le multipartisme, chaque génération a porté ses combats.
Aujourd’hui, estime-t-il, le défi est celui du « développement intégré ». Un objectif qui passe par une redéfinition des identités : au-delà des nationalités, il appelle les jeunes à se penser d’abord comme acteurs d’une nation et d’une Afrique intégrée.

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