Société, Culture

le gouvernement écarte la criminalisation mais introduit une infraction inédite

L’actualité politique et judiciaire sénégalaise s’accélère avec une série de décisions gouvernementales touchant à la fois aux finances publiques, à la sécurité universitaire et au Code pénal. En ligne de mire, de nouvelles orientations législatives et des directives strictes concernant les enquêtes en cours.

Selon les informations rapportées par Le Quotidien, le Premier ministre Ousmane Sonko et son gouvernement sont attendus devant l’Assemblée nationale le mardi 24 février 2026. Ce face-à-face avec les députés engagera le ralentissement économique, l’échéance prochaine des eurobonds, ainsi que la dette publique effective à sept mille milliards de francs CFA imputés au régime précédent. Les échanges porteront également sur la situation à l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad). Sur ce dossier, le chef du gouvernement a assumé l’ordre donné aux forces de défense et de sécurité d’intervenir sur le campus pour sécuriser les installations, une séquence de tensions récemment abordée par le procureur de la République suite au décès d’un étudiant.

Le volet judiciaire occupe une place centrale avec l’évolution du cadre juridique sur les questions de mœurs. Lors du Conseil des ministres du 18 février 2026, l’exécutif a opté pour un durcissement des sanctions plutôt qu’une criminalisation directe. La modification prévue de l’article 319 du Code pénal fixe désormais les peines d’emprisonnement entre cinq et dix ans, assorties d’amendes allant de 1,5 million à 10 millions de francs CFA pour les actes impudiques ou contre nature avec une personne du même sexe. Le texte gouvernemental intègre surtout un nouveau délit ciblant spécifiquement « l’apologie, le financement et la promotion de l’homosexualité, bisexualité ou transsexualité ».

Cette orientation législative a provoqué des réactions au sein des organisations civiles et religieuses. Le responsable de l’ONG Jamra, Mame Matar Guèye, dont le dispositif de sécurité a été retiré, a publiquement regretté l’approche du gouvernement. En parallèle, notre rédaction souligne que le Premier ministre a fermement recadré la gestion de l’affaire de Keur Massar, où vingt-deux suspects sont actuellement sous les verrous. Ousmane Sonko a exigé l’arrêt immédiat de la fuite des procès-verbaux d’enquête et des dossiers médicaux des mis en cause sur les réseaux sociaux, invoquant la protection des familles. Il a également remis en question la crédibilité de ceux qui affirment détenir des listes de personnes homosexuelles sans être en mesure de les présenter aux autorités.

Sur le plan de l’organisation politique, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a récemment accordé une audience aux coordonnateurs départementaux de Pastef. Les discussions internes portent sur l’évolution de la « Coalition Diomaye Faye » et son éventuelle projection vers l’échéance de 2029. Aminata Touré a été chargée de mener des travaux sur ces perspectives politiques, en vue des prochaines élections locales et de potentielles législatives anticipées.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button