Le Liban ne doit pas être une variable d’ajustement d’Israël dans sa logique impérialiste

Le Liban ne doit pas être une nouvelle Cisjordanie
Depuis 1978, c’est la cinquième invasion du sud du Liban par Tsahal. En moins de trois semaines et il y a déjà plus de mille morts et plus d’un million d’exilés ou de déplacés, de toutes origines et de toutes confessions religieuses.
C’est juste inacceptable !
Se défendre et protéger ses populations sont un droit et un devoir inaliénable qui doit être reconnu à l’État d’israël. Mais la méthode utilisée pour combattre le Hezbollah ou le Hamas avec des populations innocentes entières sur le chemin de l’exil et de la mort.
La stabilité de cette partie de l’orient est devenue un vieux souvenir que les plus vieux ne racontent plus aux plus jeunes qu’aux bords des routes parsemées de graviers asphaltés sur le chemin de l’exil ou sous des tentes provisoires criblées de vent, de soleil et de froid, entre haltes et alertes.
À l’issue de la guerre israélo-arabe, en 1948, de nombreuses populations palestiniennes se réfugièrent au Liban. Ce mouvement de populations, la « Nakba », s’intensifie à la suite de la guerre des six jours en 1967 et de l’invasion territoriale de la bande de Gaza et de la Cisjordanie.
La guérilla de l’organisation de libération de la Palestine était née, avec des ramifications dans les pays environnants, faisant du sud du Liban une base-arrière. C’est ainsi que la branche armée de l’OLP, depuis Le territoire libanais organisait des incursions armées dans les territoires israéliens.
En 1982, lors de la deuxième invasion israélienne du Liban, naquit le « parti de Dieu » ou le Hezbollah. Cette organisation chiite, militaire mais avec une aile politique va finir par s’imposer au Liban comme une entité incontournable dans la vie quotidienne et sociale des libanais.
Les autorités libanaises n’ont jamais eu assez de force militaire pour endiguer les actions subversives de ces “réfugiés” un peu trop encombrants.
Cette situation géopolitique inspire les dirigeants de la vallée du Sion comme Dayan et bien d’autres théoriciens de l’expansionnisme sioniste qui préconisèrent plus ou moins précisèrent l’annexion définitive du sud du Liban jusqu’au fleuve Litani. Une zone qui regorge de ressources hydrauliques rares et d’autres ressources dont Israël aurait besoin pour agrandir et abreuver ses territoires.
Donc il est pertinent de voir dans les actions militaires de Tsahal, ces derniers jours, un remake des annexions passées, des territoires libanais. Mais aussi et surtout une crainte que le sud du Liban ne soit le miroir de Gaza le martyr.
Bref, le Liban n’a de tort que la faiblesse de ses moyens militaires. C’est ce qui lui vaut aujourd’hui son incapacité à colmater les brèches et la porosité de ses frontières. Il est pris en étau entre les inconditionnels du Hezbollah et les bombes de Tsahal.
L’injustice contre le peuple libanais doit cesser immédiatement.
Le peuple libanais pleure sans larme. Il ne lui en reste plus. Les libanais dispersés aux quatres pièces de la planète ne pleurent pas, ne pleurent plus, ils travaillent tout le temps. Ils ont bridé et noyé leur révolte et leur indignation dans un mélange d’ambition de dignité et de résignation. Ils semblent avoir enfoui leurs souffrances sous des tonnes de devoirs, dont le plus important est le devoir de réussir. Ils ont une mémoire supprimée par le désir de ne garder que le meilleur et concentré sur les rares plaisirs qu’offre leur vie si …mitigée, si incertaine.
Certains libanais sont très pessimistes quant à l’avenir du Liban tout entier.
En effet ils craignent que leur patrie ne soit prise en tenaille entre Israël et la Syrie, comme la Palestine est entre l’enclume égyptienne et le marteau sioniste.
Ces craintes, si elles étaient réalisées, signifiaient-elles qu’Israël souhaiterait juste en finir avec le Hezbolah et le Hamas ou bien serait-Il entrain de déployer, avec les américains une redistribution des cartes géopolitiques géostratégiques et géo-économiques.
Les américains seraient-ils en train de court-circuiter la Chine premier bénéficiaire des exportations d’hydrocarbures iraniens et la Russie qui perdrait une zone d’influence et un partenaire de taille au moyen orient ?
En tout cas, la Chine et la Russie sont soupçonnés d’aider discrètement l’Iran à faire perdurer la guerre et à l’étendre.
En attendant, l’invasion du Liban se poursuit par le sud, comme à Gaza, par ceux-là même qui ont enseveli la Palestine et plus de 50 000 de ses enfants sous des tonnes de bombes.
Dans cette période glaçante de violence, l’homme semble être retourné à l’âge de pierre. La force semble avoir arraché et s’être définitivement emmitouflée du manteau de la justice. Elle dicte sa loi aux États et aux peuples.
Le monde est dans une phase transitoire très dangereuse. Sûrement l’une des plus violente depuis la préhistoire.
Aujourd’hui, tout ce qui permettait la stabilité du monde comme le droit international, comme le respect de l’intégrité territoriale des autres États, tout est bafoué. Toutes les valeurs acquises par l’humanité et qui lui garantissaient la paix et la stabilité….
La force semble être la seule règle de droit.
Des bruits de bottes sur le Sud Liban nous rappellent d’autres bruits de bottes dans une autre partie du monde comme la Palestine.
L’État d’Israël, en dégainant la même rengaine de son droit et même son devoir d’assurer sa sécurité, met le moyen-orient à feu et à sang. Mais ne se rend toujours pas compte que depuis qu’elle sème l’injustice et la guerre, qu’elle est tombée avec des pluies de bombes, elle ne récolte que de l’insécurité sur son propre territoire.
C’est à se demander où se trouve la pertinence de cette guerre totale avec tout le monde.
Adoubé et militairement soutenu par le président Trump, Netanyahu pense que la paix se construit sur les ruines de Rafah, de la Cisjordanie, de khan Younes, de l’Iran et du sud du Liban. Rien n’est moins sûr.
La paix se construit irrémédiablement autour d’une table et dans le cadre d’un dialogue sincère et honnête entre toutes les parties.
Les efforts du président Macron et d’autres États “amis” du Liban et de la paix n’ont pas suffi à éviter cette cinquième intrusion, réussiront-ils à raisonner, pour éviter la mort de populations civiles innocentes et la destruction du sud Liban ? A convaincre pour empêcher que le vent du néocolonialisme ne balaie, une fois de plus, l’espoir d’avoir, un jour, un Liban libre ?
Une chose est certaine, si la guerre ne permet pas, vraisemblablement, d’obtenir la paix, les armes permettent de se protéger de nos jours, en dissuadant les agresseurs potentiels, de toutes velléités de conquête et d’asservissement. Dés lors, il devient urgent d’aider le Liban à se doter des moyens militaires nécessaires pour garantir sa souveraineté territoriale, sa sécurité intérieure et ses ressources naturelles.
Oui ! S’armer pour garantir sa sécurité est dans l’air du temps. En attendant, il est urgent d’endiguer cette violence aveugle et stérile qui “colonise” le Liban et ses populations innocentes musulmanes et chrétiennes.


