Politique

le ministère de la Justice des États-Unis porte plainte contre ce célèbre campus californien

La tension entre la nouvelle administration américaine et la communauté universitaire a franchi une nouvelle étape. Dans la foulée des vastes mouvements de contestation survenus en 2023 et 2024, le gouvernement fédéral a décidé d’utiliser l’arme judiciaire pour sanctionner la gestion des rassemblements étudiants par la direction des universités.

Selon des informations rapportées par Al Jazeera, le ministère américain de la Justice a déposé mardi une plainte contre l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA). L’institution est accusée d’avoir fermé les yeux, voire facilité, des actes qualifiés de « profondément antisémites ». Le gouvernement s’appuie sur le titre VII de la loi sur les droits civils de 1964, estimant que l’atmosphère sur le campus créait un « environnement de travail hostile » pour les employés juifs et israéliens.

Cette procédure s’inscrit dans une vaste offensive menée par le président Donald Trump contre les établissements abritant des camps de solidarité avec la Palestine. Ces manifestations ont éclaté en réponse à l’offensive militaire israélienne à Gaza, qui a fait plus de 75 000 morts selon le ministère de la Santé de l’enclave, à la suite de l’attaque menée par le Hamas qui a coûté la vie à près de 1 200 personnes dans le sud d’Israël.

Sur le campus de l’UCLA, la situation s’est aggravée l’année dernière lorsqu’un groupe de partisans pro-israéliens de droite a attaqué un campement étudiant avec des barres de fer et du gaz poivré. La police, accusée par les militants d’avoir laissé faire cela dans un premier temps, a démantelé le rassemblement le lendemain. L’université a ensuite payé 6 millions de dollars pour régler un procès avec trois étudiants juifs et un professeur qui affirmaient avoir été blessés lors des événements.

La pression financière sur cet établissement public est considérable. L’année dernière, l’administration Trump a exigé que l’UCLA paie plus d’un milliard de dollars de pénalités, appelant à des changements dans ses processus d’admission et de recrutement. Actuellement, plus de 500 millions de dollars de subventions fédérales à la recherche restent gelés.

D’autres établissements ont déjà cédé à ces méthodes depuis leur inauguration en janvier 2025. L’université de Columbia, après avoir vu son financement suspendu et l’un de ses leaders étudiants, Mahmoud Khalil, arrêté par les services de l’immigration (ICE), ont accepté de payer 220 millions de dollars en juillet pour récupérer ses fonds fédéraux. Des accords similaires ont été conclus par les universités Brown et Cornell, alors que Harvard refuse toujours de se conformer à ces exigences.

Les organisateurs des manifestations, dont beaucoup sont juifs, rejettent les accusations d’antisémitisme, affirmant que leur seul objectif était de dénoncer les violations des droits de l’homme à Gaza. De leur côté, les défenseurs des libertés civiles soulignent que ces poursuites constituent une menace directe pour le premier amendement de la Constitution des États-Unis, qui garantit la liberté d’expression, le droit de manifester et la liberté académique.

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