Société, Culture

le refus du principal syndicat pousse Emmanuel Macron à formuler un nouvel engagement face aux éleveurs

Le coup d’envoi du Salon de l’agriculture en France s’est déroulé ce samedi dans un climat de vive tension. Face à l’impatience grandissante de la profession face aux retardataires législatifs, le président Emmanuel Macron a enchaîné les entretiens bilatéraux avec les représentants syndicaux, tentant de renouer le dialogue avec un secteur traversé par de profondes divisions.

L’agence de presse Anadolu rapporte que le chef de l’État a d’abord rencontré une délégation de la Coordination rurale (CR), le deuxième syndicat agricole français, qui avait initialement menacé de boycotter l’événement, le qualificatif de « vitrine de communication déconnectée du terrain ». L’idée première d’Emmanuel Macron était d’organiser une grande réunion intersyndicale. Cependant, face au refus catégorique de la FNSEA, du syndicat majoritaire, et des Jeunes Agriculteurs (JA), cette option a été définitivement écartée. En réponse à ce blocage, le président français s’est engagé à réunir prochainement l’ensemble des acteurs de la filière directement à l’Élysée.

Le malaise du monde agricole s’est illustré de manière visible par l’absence de bovins dans les allées du salon. La Coordination rurale explique cette situation par le refus des éleveurs d’exposer leurs bêtes, conséquence directe de la gestion gouvernementale des épizooties et du retard accumulé dans les campagnes de vaccination. Le syndicat dénonce également un calendrier politique inadapté à l’urgence de la situation. Le projet de loi d’urgence agricole ne sera examiné qu’en juin au Sénat, tandis que les décrets d’application relatifs à la simplification administrative se font toujours attendre. Bertrand Venteau, président de la CR, a dressé un bilan sévère de l’action de l’exécutif, ciblant l’incapacité à résoudre le problème de la surtransposition des normes et le déficit de la balance commerciale agricole de la France.

Du côté du syndicat majoritaire, l’entretien avec la FNSEA a été qualifié d’« assez court » et « très franc » par son président, Arnaud Rousseau. Les échanges se sont concentrés sur les négociations de la future Politique agricole commune (PAC) européenne. Le représentant syndical a signifié au chef de l’État que le secteur manquait cruellement de vision et ne s’y rétrouvait pas sur le plan économique. Le climat intersyndical est par ailleurs alourdi par la récente nomination du nouveau conseiller à l’agriculture du Premier ministre, perçue par la Coordination rurale comme un proche de la FNSEA et interprétée comme un signal de défiance.

Les Jeunes Agriculteurs, reçus avant l’ouverture officielle des portes, ont décrit un président à l’écoute, tout en exigeant des actes concrets. Leurs dirigeants ont posé trois priorités pour ce salon : l’intégration de la planification climatique dans la future loi d’urgence, l’orientation du budget de la PAC 2028-2034 vers le renouvellement des générations, et une plus grande implication des jeunes agriculteurs dans les décisions locales lors des prochaines élections municipales. Affichant la dimension politique de l’événement, les JA ont annoncé leur intention de s’entretenir avec toutes les écuries de candidats potentiels à la prochaine élection présidentielle.

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