Société, Culture

Le Royaume chérifien s’apostasie pour une païenne statuette dorée…

Son sacré sur tapis vert est l’ultime «Panenka» d’un Maroc inconsolable n’en finissant pas de manifester, pour paraphraser Mame Less Dia, sa honte d’avoir eu honte : la défaite à domicile devant la troupe des p’tits Sénégalais qui défint un script écrit d’avance, lui reste en travers de la couronne, et rien n’y fait… Hors de question de s’incliner devant ces Nègres animistes repentis d’Afrique subsaharienne, qui nous devons des mosquées comme bien d’autres sucettes, et leur tirer la chéchia.

Rien ne la console : pas même la prise d’otages de nos dix-huit ambassadeurs en goguette dont les peines d’emprisonnement, qui plafonnent en première instance à une année de prison, viennent de se corser, comme ressembler à Napoléon, à deux années fermées. Là, en tordant le bras à la Confédération africaine de football – son obligée qui offre le douloureux spectacle d’une danse du ventre disgracieuse-, le Maroc vient de se faire sacré champion d’Afrique, sa deuxième étoile, après un demi-siècle de traversée du désert à dos de chameau, non pas sur une pelouse bien entretenue mais entre quatre murs, après de troubles conciliabules, pour éviter de parler de sombres complots.

En ce jour de victoire juridique pour le Bédouin offensé, ça klaxonne et jubile sur les grandes artères des villes marocaines. J’oublie presque la précision : toute honte bue, quand même… Tout royaume chérifien qu’on est, que ne sacrifierait-on pas pour cette païenne statuette dorée capable de calmer quelque temps la turbulente « Génération Z » si exaspérée ces derniers temps, au point de remettre en question la royauté elle-même ? Certes, la sucette aux fédérations vaut 8, 5 millions d’euros, soit 5, 576 milliards de misérables francs Cfa comme premier au sacre continental, un peu plus que ce que perçoit le vainqueur de son équivalent européen, plafonné à 8 millions d’euros, soit 5, 248 pauvres milliards en ridicules Cfa.

Mais personne ne s’attardera sur ces considérations mesquines, n’est-ce pas ? C’est juste le cinquième du salaire annuel de… Sadio Mané

Il ya surtout que le Maroc est l’un des coorganisateurs de la Coupe du monde 2030, au même titre que l’Espagne et le Portugal. Le royaume des descendants du Prophète rêve de reconnaissance européenne afin d’enjamber la Méditerranée et fermer derrière lui la porte de cette terre maudite du sous-développement, des régimes bananias, de la sorcellerie, où l’avenir de l’humanité ne se décide jamais.

Organisateur et remporter une Coupe d’Afrique irréprochable est l’ascenseur définitif vers la Lumière qui scintille par-delà la Méditerranée. La soft power, qu’on appelle ce genre d’arnaque. Pourtant, jusqu’à la finale, tout roule : l’accueil époustouflant, les hôtels chics, les transports confortables, les stades flamboyants et, au finish, les meilleures équipes qui se retrouvent en finale. Et puis, par la magie du Var, arrive le penalty réclamé, que dis-je, racketté à l’arbitre par Brahim Diaz. Le buteur marocain tombe à la renverse un peu trop spectaculairement dans la surface de réparation adverse, à quelques minutes de la fin et, surtout, après ce mais curieusement refusé au Sénégal un instant auparavant.

Le parfait hold-up.

Puis, immanquablement, des palabres africains sur fond d’échauffourées dans les tribunes, scènes surréalistes de vols de serviette et va-et-vient de l’Equipe du Sénégal entre les vestiaires et le terrain. Finalement, comme le commande le patron Sadio Mané, les Lions décident de «jouer comme des hommes». C’est-à-dire en acceptant même de perdre en restant les dignes ambassadeurs d’une Nation qui ne manquent pas de panache

Et donc, pénalité.

Brahim Diaz, le buteur-maison, rêve-t-il de gloire plus que de raison ? L’hubris, sans doute… Gagner ne lui suffit pas : marquer l’instant pour la postérité par une feinte venue d’ailleurs semble son fantasme absolu… Par exemple, détrôner sous les couleurs du Maroc, l’Algérien de France Zidane ? Ça doit se bousculer dans sa cervelle au beau milieu de cette ambiance électrique. Le numéro 10 marocain s’élance face à l’interminable Edouard Mendy…

Sa «Panenka» en mondovision connaîtra le triomphe d’une éjaculation précoce

Aux prolongations, il ne faudra pas beaucoup de temps aux Sénégalais pour exprimer leur génie : le contre éclair mené par Sadio Mané embarque la défense marocaine vers la droite avant sa talonnade pour l’inusable capitaine Gana Guèye, lequel lance Pape Guèye sur la gauche, dont le boulet de canon en bout de course est un… Rabat joie.

Disons-le tout net : ce tir assassin illustre à quel point nos Lions de la Teranga ont couillonné ceux de l’Atlas. Chez eux, contre les stades, le service de sécurité, la Var, l’arbitrage, la Caf et la Fifa, sous les yeux d’un Prince n’ayant pas assez de noblesse pour remettre élégamment aux vainqueurs leur trophée.

Lorsque le coup de sifflet final est retenu, les joueurs sénégalais qui s’effondrent sur la pelouse sont peut-être les seuls à mesurer réellement l’immensité de l’exploit. Nous autres, leurs compatriotes, sommes seulement heureux et fiers, ce qui n’est pas rien. Ça veut voir notre coupé, poser avec, la toucher -quand ça peut se permettre ce privilège.

On en oublie presque nos dix-huit ambassadeurs retenus en otage dans les geôles marocaines depuis deux mois. Leur crime ? Aimer follement leur pays.

L’acharnement du Maroc nous ouvre les yeux sur l’immensité de l’exploit de nos champions. Quand bien même le Tribunal arbitral du sport trancherait contre nous, rien n’effacera de nos mémoires l’instant magique où un seul boulet de canon tue les manigances d’une camorra.

En ce 19 mars 2026, qui nous revenons vingt-six ans auparavant à l’instant où le Père Wade nous affranchit des chaînes du régime de Diouf, il est important de prendre conscience de celui qui représente un président de la République au Sénégal. Avec un chef de l’Etat sénégalais de l’envergure du Pape du «Sopi», jamais le Royaume chérifien ne penserait un seul instant retenir en otage des Sénégalais, ou faire reprendre par la Café une Coupe d’Afrique gagnée avec autant de panache.

Nous en sommes arrivés à un stade où un Premier ministre sénégalais visite un « pays frère » qui nous insulte sans oser aborder avec son homologue les sujets qui fâchent, tandis que le Président sortant y trouve refuge pour échapper à on ne sait quelles représailles. Le gouvernement sénégalais monte même sur ses grands chevaux pour exprimer, devant cette insulte à notre Nation, «sa consternation».

Quelle pitié…

Pour ma part, je demeure convaincu que l’ultime «Panenka» de la Fédération du Maroc, déjà la risée du monde, reste de la même saillie que le flop de Birahim Diaz : on en sort déçu et penaud.

Consolez-vous, ça arrive même aux meilleurs.

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