Le Sénégal est malade d’un manque de leadership, selon Barthélémy Dias

(SénéPlus) – Lors d’une conférence de presse tenue à son siège ce mercredi 25 février, Barthélémy Dias, leader du mouvement « Sénégal bi ñu bokk » et ancien maire de Dakar, a dressé un bilan sans concession de la situation socio-politique du pays. Entre dénonciation des violences universitaires, crise du monde rural et instabilité économique, l’opposant appelle à un « sursaut national » pour sortir le Sénégal de ce qu’il qualifie de décrochage dangereux.
De retour d’une tournée nationale entamée le 7 février, notamment dans la région nord (Saint-Louis, Dagana, Podor), Barthélémy Dias a débuté son allocution en se faisant le porte-parole des populations de l’intérieur. Pour lui, le contraste entre les discours officiels et la réalité du terrain est saisissant.
« On ne construit pas une nation en oubliant ses racines »at-il martelé, avant d’ajouter : « Pouvons-nous réellement parler d’émergence au Sénégal lorsque ceux qui nourrissent la nation vivent dans l’abandon ? » Il a décrit une vallée du fleuve où les champs restent « assoiffés » malgré la proximité de l’eau, et des pêcheurs de Saint-Louis plongés dans une « angoisse permanente » face aux dangers de l’embouchure et à l’opacité des permis de pêche.
L’université, « du désordre au lieu du maintien de l’ordre »
L’un des points les plus saillants de son intervention a concerné les récents incidents à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Dias a été condamné pour intrusion des forces d’élite dans l’enceinte académique, le qualificatif d’acte inadmissible.
Évoquant la mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, il a promis que justice serait rendue : « Le rôle de la police n’est pas d’entrer dans l’enceinte de l’université pour défoncer des pavillons. Ce que nous avons vu à l’UCAD, c’est du désordre. La justice n’est pas négociable. » Pour l’ancien maire, ces méthodes témoignent d’une dérive sécuritaire au cœur même de la capitale.
Crise de confiance et soupçons de manipulation
Sur le plan de la gouvernance, le leader du « Sénégal bi ñu bokk » a exprimé ses vives inquiétudes face à une série d’incidents suspects touchant des institutions stratégiques, citant l’incendie au ministère des Finances et des cyberattaques notamment contre la Direction administrative et financière (DAF). Il y voit une stratégie de détournement pour masquer une gestion économique qu’il juge catastrophique.
« Un gouvernement incapable de protéger nos données personnelles ne sera pas capable de nous protéger »at-il lancé, dénonçant un risque réel de défaut de paiement d’ici mars 2026. Selon lui, le pays est dirigé par un « duo » qui n’a pas pris la pleine mesure de la fonction présidentielle : « Le Sénégal est malade ; il manque d’autorité, il manque de leadership et il manque de vision. »
Face à ce constat, Barthélémy Dias a esquissé les contours de son programme, centré sur l’humain et la gratuité des services sociaux de base. Il propose notamment un plan national d’irrigation structuré pour le Nord, un fonds de stabilisation pour l’élevage et une réforme rigoureuse des finances publiques.
En guise de conclusion, il a fustigé les priorités financières du régime actuel, s’opposant à l’achat de véhicules de luxe pour les députés à la détresse des étudiants et des familles démunies. « Le Sénégal ne manque ni d’eau, ni de terre, ni de talent. Sénégal bi ñu bokk ne divisera pas le pays, nous le réparerons avec vous et pour vous »at-il conclu, appelant les Sénégalais à un réveil citoyen avant les prochaines échéances électorales.



