Société, Culture

Le silence du partenaire espagnol soulève des interrogatoires

Le dossier des 37 milliards de francs CFA lié à l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) continue d’alimenter le débat public. Depuis plusieurs mois, cette affaire s’impose comme l’un des premiers dossiers sensibles du nouveau régime, mêlant interpellations politiques, procédures administratives et affrontements médiatiques.

À l’origine de la controverse, les multiples prises de position du député Thierno Alassane Sall. À travers des questions écrites, des déclarations publiques et des dénonciations de présumées irrégularités, l’élu a progressivement installé le sujet dans l’espace public, évoquant des zones d’ombre autour des conditions d’attribution et de financement du projet.

Ces démarches ont été accompagnées de plaintes et d’une saisine de Autorité de régulation des marchés publics (Arcop), notamment par Aaer Power Sénégal, société présentée comme impliquée dans le projet, renseigne le journal Kritik’.

Face à ces accusations, la direction générale de l’ASER a tenté d’apporter des éclaircissements. Son directeur général, Jean Michel Sène, a multiplié les interventions publiques – conférences de presse, communiqués et explications techniques – afin de répondre aux critiques et de remplacer le débat sur le terrain administratif.

Cependant, un élément continue de susciter l’interrogation : l’absence de réaction publique du partenaire espagnol mentionné dans le montage du projet. Alors que la filiale Aee Power Sénégal a engagé plusieurs démarches institutionnelles au Sénégal, la maison-mère basée en Espagne reste, pour l’instant, très discrète, souligne la même source.

Selon l’auteur de l’article, le silence de José Ángel González Tausz, dirigeant d’Aee Power Espagne, a interpellé certains observateurs. Dans une affaire qui engage la réputation et les responsabilités contractuelles de l’entreprise, aucune prise de parole officielle notable n’a encore été enregistrée.

Dans un contexte où les nouvelles autorités sénégalaises mettent en avant l’exigence de transparence dans la gestion des marchés publics, cette absence de communication alimente les interrogations. Certains y voient une stratégie cohérente à laisser la filiale gérer localement la crise, tandis que d’autres évoquent une prudence juridique dans l’attente d’éventuelles décisions des autorités compétentes.

Quoi qu’il en soit, ce silence tranche avec l’intensité du débat politique au Sénégal. Tandis que les accusations, démentis et procédures se succèdent à Dakar, l’opinion publique n’a toujours pas entendu la version officielle de la partie espagnole.

Dans un dossier présenté comme emblématique des enjeux de gouvernance et de coopération internationale, cette absence de réaction devient, à elle seule, un élément central du débat. Car lorsqu’il s’agit de fonds publics et de partenariats internationaux, chaque acteur est attendu sur un point essentiel : la clarté.

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