Le SYNPICS rejette la loi sur le CNRM

(SénéPlus) – Au lendemain de l’adoption par l’Assemblée nationale de la loi créant le Conseil National de Régulation des Médias (CNRM), le principal syndicat de journalistes du Sénégal monte au créneau. Dans un communiqué publié ce mercredi 4 mars 2026, le SYNPICS fustige des dispositions qu’il juge dangereuses pour la liberté de la presse et le secret professionnel.
Le Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (SYNPICS) précise d’emblée qu’il “n’a pas été associé au processus d’élaboration de ce projet de loi, malgré son rôle central et historique dans la défense des intérêts matériels et moraux des professionnels des médias au Sénégal”. Une mise à l’écart que le SYNPICS qualifie d’inacceptable.
L’une des dispositions qui inquiètent le plus le syndicat figure au Chapitre IV, article 31 du texte adopté. Le SYNPICS cite explicitement cette disposition dans son communiqué : “Dans l’exécution de sa mission, le CNRM peut procéder à des visites et contrôles dans les entreprises ou structures, demander la communication de tout document professionnel et en prendre copie et recueillir, sur convocation ou sur place, tous renseignements et justifications. Le secret professionnel dans les activités qui rentrent dans son champ de compétence n’est pas opposable au CNRM.”
Pour l’organisation syndicale, “cette disposition constitue un précédent dangereux”. Elle “fragilise le principe fondamental du secret professionnel, pilier de l’exercice du journalisme, et expose les entreprises de presse à des risques d’ingérence susceptibles d’entrer dans la liberté éditoriale”.
Des pouvoirs jugés excessifs
Le syndicat ne cache pas son inquiétude face à l’étendue des prérogatives confiées au futur régulateur. “La possibilité accordée au CNRM de procéder à la fermeture administrative d’un média, à la suspension de sa diffusion, au blocage de contenus en ligne ou encore à la coupure d’accès à des plateformes de communication audiovisuelle soulève de sérieuses inquiétudes”, écrit le SYNPICS dans son communiqué.
Selon l’organisation, “de telles mesures pourraient entraîner des répercussions sociales importantes, affecter l’emploi dans le secteur et porter atteinte au pluralisme de l’information”.
Face à cette situation, le SYNPICS “appelle les autorités à ouvrir un cadre de dialogue inclusif avec l’ensemble des acteurs des médias afin de revisiter les dispositions controversées et garantir un cadre réglementaire respectueux des principes démocratiques, de la liberté de la presse et des standards internationaux en matière de régulation des médias”.
Le syndicat « réaffirme son attachement à une régulation indépendante, transparente et équitable du secteur des médias, mais insiste sur la nécessité d’une démarche concertée, respectueuse des droits et responsabilités des professionnels de l’information et de la communication », conclut le communiqué signé par le bureau exécutif du SYNPICS.
Cette nouvelle prise de position intervient dans un contexte déjà tendu, alors que le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) avait également dénoncé le projet du CNRM mardi, et voyant une menace directe contre la liberté de la presse au Sénégal.



