Société, Culture

Le Zimbabwe lance un nouveau médicament injectable pour prévenir le VIH

À Harare, au Zimbabwe, de jeunes femmes, des mères accompagnées de leurs nourrissons et quelques hommes ont attendu pour recevoir le Lenacapavir, un médicament injectable de prévention du VIH lancé jeudi.

Le Zimbabwe, fortement touché par le VIH ces vingt dernières années, est l’un des premiers pays à introduire ce traitement préventif afin de freiner les nouvelles infections.

Le Lenacapavir, développé par la société californienne Gilead Sciences, offre une protection élevée contre le VIH et se présente sous forme d’injection à action prolongée, administrée tous les six mois. Ce mode d’administration pourrait pallier aux difficultés d’adhésion rencontrées avec la PrEP orale quotidienne, souvent compromise par des horaires irréguliers ou la stigmatisation.

La première phase vise quelque 46 000 personnes réparties sur 24 sites, notamment les travailleuses du sexe, les adolescentes et jeunes femmes, les hommes homosexuels ainsi que les femmes enceintes et allaitantes. Les injections sont dispensées gratuitement aux populations les plus exposées au VIH.

Constance Mukoloka, travailleuse du sexe, témoigne : « Je suis en sécurité, je peux désormais travailler en toute confiance. Lorsque nous prenions des comprimés, les clients voyaient le flacon et partaient, ils ne revenaient jamais par peur. Maintenant, pour les six prochains mois, je suis protégée. »

Elle ajoute : « Parfois, je me saoule ou je travaille toute la nuit et j’oublie de prendre mes comprimés, mais avec ce médicament injectable, même si je me saoule, je sais que je suis protégée. »

Pour le Dr Ernest Chikwati, directeur de programme à l’AIDS Healthcare Foundation, l’injection semestrielle améliore l’adhésion : « Quand quelqu’un prend des médicaments tous les jours, il a tendance à oublier. Mais lorsqu’une injection est administrée tous les six mois, il est très improbable que la personne oublie son traitement. Le Lénacapavir vient donc compléter toutes les méthodes de prophylaxie pré-exposition. »

Il insiste cependant : « Ne disons pas qu’il s’agit d’une solution miracle pour la prévention du VIH. Il existe d’autres méthodes. Les préservatifs restent essentiels, et nous distribuons deux marques gratuitement dans le secteur public. Leur financement doit être maintenu. Pourquoi les préservatifs ? Parce qu’ils sont très abordables. »

Le Lenacapavir a également été introduit en Zambie et en Eswatini, pays historiquement touchés par le VIH mais ayant atteint plusieurs objectifs de l’OMS en matière de dépistage, traitement et suppression virale. Néanmoins, les nouvelles infections restent préoccupantes, notamment chez les adolescentes et jeunes femmes, trois fois plus affectées que leurs homologues masculins en Afrique subsaharienne.

Au Zimbabwe, la diffusion du Lenacapavir dépendra de la disponibilité des doses, de la performance des infrastructures sanitaires et du financement, dans un contexte de ressources limitées. Le gouvernement envisage d’étendre progressivement l’accès aux médicaments, tandis qu’au Kenya, le coût s’élève à environ 54 dollars par personne et par an, un montant élevé pour la majorité de la population.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button