Politique

Les employeurs de la presse apportent leur soutien au journaliste

Dans un communiqué, le Cdeps a tenu à rappeler que l’analyse critique de la gestion des ressources publiques s’inscrit pleinement dans l’exercice du journalisme et de la liberté d’expression, piliers de tout État de droit. Selon le Cdeps, en s’exprimant sur la répartition du Fadp, notre confrère n’a fait que mettre en avant des faits chiffrés et vérifiables, qui appellent à un débat public transparent et contradictoire, et non à des intimidations policières ou judiciaires. “L’examen des données disponibles révèle un déséquilibre préoccupant dans l’allocation des ressources du Fadp 2025. Sur un montant total de 1,9 milliard, une part de 42,2% du budget global, soit 801,24 millions de FCFA, est captée par les médias de service public et les structures de gouvernance”, a révélé la Cdeps.

Cette concentration, affirme l’organisation patronale, soulève d’autant plus de questions que ces entités bénéficient déjà d’un financement direct de l’État. “A titre d’illustration, l’Aps, Le Soleil et la Rts représentent à elles seules plus du quart du budget total. Dans le même temps, les institutions dites de gouvernance, dont notamment le Cesti, le Cored et la Ccnp, mobilisent des ressources importantes, renforçant encore le poids de la sphère publique dans un système censé soutenir l’ensemble de l’écosystème médiatique. Des éléments encore plus graves et concordants font état d’une ponction de 39,6 millions FCFA opérée par l’administration Fadp sur les dotations destinées à certaines structures, au profit de la Maison de la Presse», a ajouté le Cdeps.

Il soutient qu’une telle réaffectation, en l’absence de base contractuelle ou réglementaire explicitement prévue par les textes régissant le fonds, soulève de sérieuses questions quant à sa légalité et sa conformité aux principes de bonne gouvernance. Parallèlement, déplore le Cdeps, la presse privée, dont seulement 38 entreprises ont pu se présenter, ne reçoit que 36,1% du budget, soit 686,55 millions de FCFA. Le Cdeps soutient que ce déséquilibre est accentué par le fait que le fonds est resté illégalement bloqué pendant une année entière, fragilisant durablement les entreprises déjà confrontées à une pénurie de moyens publicitaires et à une quasi-disparition des conventions avec l’État. “Le contraste est saisissant. Là où quelques entités publiques et administratives concentrent la majorité des moyens, la presse privée se retrouve contrainte de survivre avec des moyens réduits, fragmentés et, dans certains cas, arbitrairement réduits”, a dénoncé la Cdeps.

A l’origine de sa création, rappelle le Cdeps, la Fadp était exclusivement réservée aux entreprises de presse privées pour les accompagner dans leur mission de service public d’information aux citoyens.

Face à ces constats, le Cdeps apporte son soutien total et sans réserve à Ibrahima Lissa Faye, dont l’engagement s’inscrit dans la défense de la transparence et de la responsabilisation. Il dénonce toute tentative d’intimidation visant à museler les voix critiques au sein de la profession ; nécessite la publication complète, détaillée et justifiée des bénéficiaires et des critères d’attribution du Fadp. Le Cdeps demande l’ouverture d’un audit indépendant sur la gestion du fonds, notamment sur les réaffectations effectuées en dehors de tout cadre légal clairement établi.
Adou FAYE

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