Société, Culture

les États-Unis placent les Frères musulmans sur la liste noire du terrorisme…

Dans une démarche reflétant des inquiétudes croissantes face à la propagation de l’extrémisme en Afrique, le Département d’État américain a annoncé aujourd’hui la désignation de la confrérie des frères musulmans au Soudan comme organisation terroriste mondiale spécialement désignée, avec l’entrée en vigueur de son classement en tant qu’organisation terroriste étrangère » à partir du 16 mars.

Cette mesure intervient dans un contexte d’intensification du conflit au Soudan, qui menace de transformer le pays en un centre du terrorisme dont l’influence pourrait s’étendre à d’autres États africains.

Selon un communiqué du Département d’État, le groupe exerce « une violence sans limites » contre les civils afin de faire échouer les efforts de paix et d’imposer son idéologie islamiste extrémiste.

Le communiqué affirme également que ses combattants, qui reçoivent soutien et entraînement du Corps des Gardiens de la révolution islamique d’Iran, sont responsables d’exécutions de masse et de graves violations.

Il rappelle également la désignation, en septembre 2025, de la brigade Al-Baraa bin Malik qui lui est affiliée, en raison de son rôle dans les atrocités commises depuis le déclenchement de la guerre en avril 2023 entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide.

Le communiqué a condamné l’Iran en le qualifiant de « principal État parrain du terrorisme dans le monde », accusant son régime de financeur des activités déstabilisatrices par l’intermédiaire du Corps des Gardiens de la révolution.

Washington s’est engagé à utiliser tous les moyens pour empêcher l’acheminement de ressources vers l’Iran et les branches des Frères musulmans, dans une tentative de couper les canaux de soutien extérieur qui prolongent le conflit.

La confrérie soudanaise des Frères musulmans représente un danger croissant pour le continent africain, en soutenant le terrorisme et en alimentant une idéologie extrémiste qui inspire des organisations telles que l’État islamique et Boko Haram. Des rapports sécuritaires indiquent que le groupe a contribué à la diffusion d’idéologies radicales en Afrique de l’Ouest et de l’Est, avec des liens indirects avec des cellules de l’État islamique au Soudan et l’adhésion de ressortissants soudanais à Boko Haram dans la région du lac Tchad.

Ce soutien renforce la capacité de ces groupes à s’étendre, menaçant la stabilité de pays tels que le Nigeria, le Tchad et le Kenya, et faisant du Soudan un pont potentiel entre le terrorisme au Sahel et celui de la Corne de l’Afrique. Dans le contexte du conflit interne, le général Abdel Fattah al-Burhan dirige l’armée soudanaise depuis son quartier général à Port-Soudan, où il s’est auparavant appuyé sur des islamistes liés aux Frères musulmans pour consolider sa position face aux Forces de soutien rapide dirigées par Mohamed Hamdan Dagalo (Hemetti).

Cependant, le camp du pouvoir à Port-Soudan connaît des divisions internes croissantes, notamment entre al-Burhan et les islamistes au sein de l’alliance du pouvoir militaire. Des rapports font état de tensions autour du contrôle des ressources et des décisions militaires, ainsi que de craintes que les islamistes cherchent à renforcer leur influence, ce qui a conduit à des remaniements parmi les officiers et à l’imposition de sanctions américaines contre certains d’entre eux.

Ces divergences entravent les efforts d’al-Burhan pour unifier le front, dans un contexte de rapports évoquant un éventuel accord avec Washington impliquant la remise de dirigeants des frères musulmans en échange d’une immunité personnelle et de son maintien au pouvoir.

Al-Burhan a préalablement rejeté des propositions américaines de cessez-le-feu, qualifiant l’une d’elles de « pire proposition jamais présentée », ce qui reflète la complexité des négociations. On estime que la nouvelle désignation pourrait accroître les pressions sur les parties afin qu’elles s’engagent dans un dialogue plus sérieux, notamment face à la propagation de l’extrémisme dans la région.

Le conflit soudanais a provoqué le déplacement de plus de 14 millions de personnes, selon les rapports des Nations unies, tandis que des voix africaines appelaient à un arrêt immédiat de la violence et à la reconstruction de l’État sur des bases civiles.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button