les graves inondations à Nairobi menacent de faire céder un barrage

C’est le sous-quartier de CDC Mtoni, dans Kibera, qui est concerné par l’avis d’évacuation. Les maisons de taule et sont construites à pic, sur les rives de la rivière Nairobi, la capitale du Kenya. La maison d’Helena a été inondée il y a quelques semaines. « L’eau est entrée dans ma maison et à tout emporté. J’ai dû repartir de zéro. Sur un déplacé ici. C’est toujours près de la rivière mais un peu plus haut. Plus haut encore, les maisons sont très chères. Je n’en ai pas les moyens ».
Helena paie 2 000 shillings par mois, soit 13 euros, pour sa baraque en taule de quelques mètres carrés. Phoebe elle, a déplacé 300 m plus haut. Et payez presque le double, pour un peu plus de sécurité. « J’ai peur. On ne sait pas ce qui pourrait arriver si le barrage cédait. L’endroit où j’ai mon échoppe n’est pas facile à obtenir ailleurs. C’est pour ça que je reste ici. Pour garder mon commerce. C’est dangereux mais Kibera c’est ça, prendre des risques pour survivre ».
Tous les 100 mètres en s’éloignant de la rivière, les loyers coûtent presque 1 000 shillings supplémentaires. Selon Caren Akinyi Nyonje, du Centre pour la justice sociale de Kibera, les pluies ont provoqué une véritable spéculation. « La plupart des propriétaires ont augmenté les loyers parce qu’ils savent que les gens ont désespérément besoin d’une maison. C’est une affaire pour eux. Le gouverneur Sakaja parle mais n’est pas sur le terrain. Comment peut-on dire aux gens d’évacuer sans leur offrir une solution ? »
Les craintes se renforcent sur le barrage de Nairobi
Le barrage de Nairobi a été construit en 1953. Pour le gouverneur de la ville, cette infrastructure vieillissante est aujourd’hui un danger. « Si le barrage de Nairobi devait céder aujourd’hui, tellement de vies seraient perdues. Donc dans des moments pareils, quand des vies sont en jeu, on doit faire ce qui est juste. Pas un geste politique. Et on réglera ensuite ce problème qui a plus de trente ans ».
Peninnah vit dans le quartier de CDC Mtoni à Kibera. Sa maison est située à quelques centaines de mètres de la rivière Nairobi. Malgré le danger, Peninnah et ses quatre enfants restent dans leur maison en taule. « Ici, on n’est pas vraiment à l’abris. Quand il pleut, l’eau rentre dans la maison, mais je n’ai pas les moyens d’aller ailleurs. Je fais des ménages ici et là, je ne peux pas m’offrir mieux que cette maison. C’est douloureux parce que j’ai des enfants et nulle part où aller ».
Un peu plus haut sa voisine Berryl n’est pas rassurée non plus. Elle a déjà subi des inondations l’année passée. Pour déménager elle a dû s’endetter auprès de son église et de ses proches. « Oui je suis inquiet car on risque d’être affecté ici aussi. Ma maison est en banco, même si elle est un peu en hauteur, sur les rives. Ils déclarent les inondations désastreuses nationales. Sans aide, on n’a rien, on ne peut que croire au destin, on ne peut pas déménager ». En 2024, l’effondrement d’un barrage à Gachie, dans la banlieue de Nairobi, avait provoqué la mort d’une trentaine de personnes dans le bidonville de Mathare, en aval de la rivière. Depuis le début de la saison pluvieuse, les inondations ont fait 81 morts dans tout le pays.



