Société, Culture

Les investisseurs privilégient le court terme face aux incertitudes sénégalaises

(SenePlus) – Alors que le Sénégal cherche à mobiliser des fonds pour honorer ses échéances de dette imminentes, le marché régional affiche une préférence marquée pour les titres à maturité courte. Une tendance qui reflète la persistance des inquiétudes sur la soutenabilité de la dette à long terme du pays, rapporte l’agence Bloomberg.

La dernière adjudication de titres publics du Sénégal, organisée vendredi 20 février 2026, a confirmé la prudence des investisseurs. Selon les informations de Katarina Hoije pour Bloomberg, le versement a levé un total de 88 milliards de francs CFA (environ 158 millions de dollars). Toutefois, la structure de la demande révèle une nette aversion au risque sur le long terme.

D’après les données d’UMOA-Titres citées par le média américain, près de la moitié du montant global a été sécurisée via des bons du Trésor à 12 mois, qui ont généré un engouement particulier avec des soumissions atteignant 109,4 milliards de francs CFA. À l’inverse, les maturités plus longues ont reçu un accueil plus mitigé. L’offre d’obligations du Trésor à trois ans a attiré 30,9 milliards de francs CFA de soumissions, dont l’État n’a retenu que 21,1 milliards. Quant aux obligations à 10 ans, elles ont 23,7 milliards de francs CFA, la totalité ayant été absorbée par le Trésor.

Les émissions sur des maturités intermédiaires ont été encore plus modestes : le Sénégal a placé 2,4 milliards de francs CFA en obligations à 5 ans et seulement 1,1 milliard sur le segment des 7 ans, précise l’agence financière.

Cette opération s’inscrit dans une stratégie d’urgence pour le Sénégal, qui doit faire face à des échéances de dette cruciales. Comme le note Katarina Hoije, le pays “un levé des ressources sur le marché régional cette année pour sécuriser le financement nécessaire aux 1,3 milliard de dollars de paiements de dette dus le mois prochain”.

Une mobilisation régionale cruciale

Le contexte financier de Dakar reste tendu. Selon Bloomberg, le Sénégal se trouve “exclu du marché international des capitaux suite à la découverte de 7 milliards de dollars de prêts cachés qui ont porté le poids de la dette à 132% du PIB”. Cette situation a entraîné la suspension par le Fonds Monétaire International (FMI) d’un programme de financement de 1,8 milliard de dollars, tandis que les négociations pour un nouveau programme piétinent, les autorités sénégalaises “rejetant à plusieurs reprises une restructuration de la dette”indique Bloomberg.

Malgré ces défis, le gouvernement a réussi à mobiliser des montants significatifs sur le marché de l’UEMOA. “Au cours des cinq premières semaines de 2026, le gouvernement a levé 510 milliards de francs CFA sur le marché régional”rapporte Bloomberg. Cette performance place le pays “en bonne position pour honorer au moins les quelque 485 millions de dollars de paiements d’euro-obligations dus en mars”.

L’objectif affiché par Dakar est ambitieux : vendre encore pour 490 milliards de francs CFA de titres ce trimestre, une fois les paiements obligatoires de mars effectués.

L’analyse de la provenance des fonds lors de l’adjudication de vendredi montre une forte mobilisation domestique. Les investisseurs domiciliés au Sénégal ont représenté “59% des titres vendus”suivis par les acheteurs béninois à 15% et ivoiriens à 6%, détaille Katarina Hoije.

Un fait notable relevé par Bloomberg est l’absence remarquée des investisseurs togolais lors de cette vente du 20 février. Pourtant, ces derniers avaient été particulièrement actifs depuis le début de l’année, ayant “raflé près d’un tiers du total des 598 milliards de francs CFA levés jusqu’à présent cette année”.

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