Société, Culture

L’ex-maire de Guédiawaye, Aliou Sall, encore attendu devant le Pool Judiciaire Financier

Le dossier concernant Aliou Sall, ancien maire de Guédiawaye, et son épouse, Aïssata Sall, franchit aujourd’hui une étape cruciale au Pool judiciaire financier. Après près de cinq mois d’attente depuis leur inculpation, le couple Sall va enfin pouvoir s’expliquer sur les graves accusations portées contre eux par le parquet judiciaire financier, parmi lesquelles figurent le blanchiment de capitaux, l’association de malfaiteurs, la corruption et le trafic d’influence.

Le 13 octobre dernier, Aliou Sall et sa femme ont été inculpés et placés sous contrôle judiciaire, après que le Procureur financier a ouvert une information judiciaire. Cette inculpation faisait suite à des soupçons concernant des malversations présumées liées à l’acquisition d’un immeuble situé aux Almadies par leur société immobilière. Selon les éléments du dossier, certains hommes d’affaires, dont Seny Thiam, auraient participé au financement du projet sous forme de prêts. Le parquet financier soupçonne que ces transactions pourraient constituer une forme de blanchiment de capitaux.

Depuis leur inculpation, le couple Sall a contesté ces accusations, affirmant avoir respecté les règles et n’avoir agi que dans le cadre légal. Toutefois, leurs explications n’avaient pas jusqu’à présent convaincu le Procureur financier. Ce dernier s’est appuyé sur le rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), qui aurait identifié des irrégularités dans les mouvements financiers liés au projet immobilier. L’ouverture de l’information judiciaire et la décision d’inculper Aliou Sall et son épouse ont été la conséquence directe de ces soupçons.

Le contrôle judiciaire imposé au couple Sall comportait des conditions strictes. Ils ont été autorisés à regagner leur domicile après avoir consigné la somme de 240 millions de francs à la Caisse des dépôts et consignations (CDC), une garantie de leur présence et de leur collaboration avec la justice. Le juge d’instruction a également imposé des mesures restrictives : ils ne doivent pas quitter le territoire national sans autorisation et sont tenus de se présenter chaque mois au cabinet du juge pour émarger. Ces conditions, qui ont été confirmées par la Chambre d’accusation le 15 décembre, leur permettent depuis lors de mener leur vie à domicile tout en restant sous surveillance judiciaire.

Durant cette période de liberté relative, le couple a eu le temps de préparer sa défense. Les arguments à présenter devant le juge porteront sur la légalité des transactions immobilières et sur leur implication, ou non, dans les pratiques financières suspectes signalées par la CENTIF. Aliou Sall et son épouse devront convaincre le juge que les contributions reçues de partenaires comme Seny Thiam étaient des prêts légitimes et non des fonds destinés à masquer des opérations financières illégales.

La séance d’audition prévue aujourd’hui constitue un moment clé dans cette procédure. Il s’agira de leur première confrontation directe avec le fond du dossier, après plusieurs mois de simple contrôle judiciaire et de procédures préparatoires. Les juges devront examiner attentivement les éléments présentés par le couple Sall, ainsi que les pièces financières et les rapports de la CENTIF, afin de déterminer si les accusations de blanchiment de capitaux et de trafic d’influence sont fondées.

L’issue de cette audition pourrait également influencer la suite de la procédure, notamment en ce qui concerne la levée totale ou partielle des mesures restrictives et la poursuite ou non de la mise en examen. Si le juge estime que les preuves réunies par le parquet sont suffisantes, d’autres étapes judiciaires pourraient suivre, y compris la possibilité d’un procès.

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