Société, Culture

l’expertise tactique que Kiev propose de partager avec les monarchies arabes.

L’escalade militaire déclenche par les récentes frappes coordonnées des États-Unis et d’Israël contre l’Iran redessinant les alliances au-delà du Moyen-Orient. Alors que Téhéran a riposté en visant plusieurs pays voisins, les répercussions de ce nouveau conflit s’entremêlent directement avec la guerre qui oppose la Russie à l’Ukraine.

Dans ce contexte de tensions internationales, la diplomatie russe s’est positionnée. Le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a proposé une médiation, tandis que le président russe Vladimir Poutine a exprimé sa « profonde inquiétude » face à ce qu’il qualifie d’agression du président américain Donald Trump contre l’Iran. Une posture diplomatique pointue du doigt par l’Occident, alors que Moscou poursuit simultanément son offensive en Ukraine. Selon les informations de la chaîne Al Jazeera, les forces russes ont intensifié fin février leurs bombardements sur Kramatorsk, une ville clé de la région de Donetsk formant une « ceinture de forteresses » dont Vladimir Poutine exige la reddition.

Sur le terrain ukrainien, la dynamique militaire montre cependant des signes de basculement. Le commandant en chef des forces ukrainiennes, Oleksandr Syrskii, a indiqué qu’en février 2026, ses troupes ont repris le contrôle d’un territoire plus vaste que celui conquis par l’armée russe, une première depuis l’offensive de Koursk en août 2024. L’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) corrobore cette avancée, estimant les gains nets ukrainiens à 257 kilomètres carrés cette année. Les pertes russes sur les trois mois d’hiver sont affectées par Kiev à près de 92 850 soldats tués ou blessés.

L’Ukraine a également multiplié les frappes en profondeur. Environ 200 véhicules aériens sans pilote ont visé le port russe de Novorossiïsk sur la mer Noire, endommageant un terminal pétrolier, six pétroliers et plusieurs navires de guerre, dont la frégate Amiral Essen. Une autre attaque a détruit les infrastructures de la raffinerie d’Albashneft. Par ailleurs, Moscou a accusé Kiev d’avoir coulé son méthanier Arctic Metagaz au large de la Libye à l’aide de drones de surface.

C’est dans ce climat que l’Ukraine a choisi d’appuyer ouvertement l’intervention américaine contre l’Iran, un pays avec lequel Moscou a signé un partenariat mondial. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a justifié ce soutien en rappel que Téhéran a fourni à la Russie plus de 57 000 drones de type Shahed, utilisés pour frapper les infrastructures ukrainiennes.

Face à la riposte de Téhéran, qui a lancé des vagues de drones et de missiles sur plusieurs pays du Golfe, Kiev a proposé sa technique d’assistance. Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a confirmé la mise en place d’un partenariat intégrant des experts ukrainiens pour aider les monarchies arabes à intercepter les projectiles iraniens.

Oleksandr Kamyshin, conseiller clé du président ukrainien sur les accords de production de défense, a détaillé la nature de cette offre. L’Ukraine dispose de plus d’une dizaine d’entreprises produisant des systèmes d’interception, permettant actuellement d’abattre environ 90 % des drones Shahed russes, principalement grâce à des drones intercepteurs.

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