Politique

l’instruction de sécurité inédite délivrée en urgence aux habitants de Bahreïn

La tension militaire monte d’un cran dans la péninsule arabique. En réponse aux opérations menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, Téhéran a déclenché une nouvelle vague de représailles visant plusieurs États du Golfe abritant des installations stratégiques américaines. Les systèmes de défense aérienne de la région ont été massivement utilisés ces dernières heures face à des essaims de drones et des tirs de missiles balistiques.

En Arabie saoudite, le ministère de la Défense a confirmé l’interception et la destruction de deux missiles balistiques se dirigeant vers la base aérienne Prince Sultan, située à al-Kharj. Les infrastructures énergétiques ont également été ciblées : six drones en route vers le champ pétrolier de Shaybah ont été neutralisés, tandis qu’un autre avion sans pilote a été abattu à l’est de Riyad.

La situation a pris une tournure particulièrement alarmante à Bahreïn. Les sirènes d’alerte ont retenti à deux reprises en l’espace de quelques heures. Face à la menace, le ministère de l’Intérieur a donné des instructions strictes à la population, lui ordonnant de se diriger immédiatement vers « l’espace sécurisé le plus proche ».

Le Qatar a également fait face à une offensive aérienne. Selon le ministère qatari de la Défense, le pays a subi vendredi une attaque impliquant dix drones lancés depuis l’Iran. Bien que neuf d’entre eux aient été détruits en vol, un avion a réussi à toucher le sol dans une zone isolée. Conséquence directe de cette instabilité, l’autorité qatarienne de l’aviation civile a annoncé une reprise très partielle de la navigation aérienne. Cette réouverture, coordonnée avec les forces armées, s’effectue sur des routes de contingence et se limite exclusivement à un nombre limité de vols destinés à l’évacuation des passagers.

Aux Émirats arabes unis, le ministère de la Défense a indiqué que ses dispositifs anti-aériens répondaient activement aux menaces balistiques et aux drones iraniens, expliquant ainsi les détonations entendues dans plusieurs secteurs de l’émirat, qui s’inscrivent dans la continuité des récentes offensives qui ont déjà touché les infrastructures de la région. Le Bureau des médias du gouvernement de Dubaï (GDMO) a fait état d’un “incident mineur” provoqué par des chutes de débris suite à une interception, tout en démentant formellement les rumeurs d’impact sur l’aéroport international de Dubaï. Cependant, les données du suivi des vols Flightradar24 montrent que plusieurs avions à destination de Dubaï ont été placés en circuit d’attente au-dessus de l’aéroport.

La chaîne Al Jazeera, dont les équipes suivent la situation depuis Doha, souligne la volatilité du contexte. Le correspondant Zein Basravi a déclaré que même si la fréquence et le volume des représailles iraniennes diminuent, quelques incidents suffisent à perturber le trafic aérien et les marchés pétroliers mondiaux.

L’onde de choc de ces frappes dépasse les frontières du Golfe. Un autre correspondant d’Al Jazeera a rapporté l’interception d’un missile au-dessus de la ville jordanienne d’Aqaba, située juste en face de la ville israélienne d’Eilat, zone régulièrement ciblée par l’Iran depuis le début du conflit.

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