Société, Culture

l’instruction stricte donnée par Donald Trump pour punir le refus de l’Espagne.

Les récentes opérations militaires exercées au Moyen-Orient engendrent des répercussions diplomatiques directes sur le continent européen. La position adoptée par Madrid concernant l’utilisation de ses infrastructures de défense vient de déclencher une confrontation ouverte avec l’administration américaine, menaçant l’ensemble des relations économiques bilatérales.

Le président américain Donald Trump a ordonné à son secrétaire au Trésor, Scott Bessent, de suspendre toutes les transactions commerciales avec l’Espagne. Cette directive fait suite au refus catégorique des autorités espagnoles d’autoriser l’utilisation de leurs bases militaires conjointes pour des missions liées aux frappes exercées sur le territoire iranien. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le locataire de la Maison Blanche a déclaré mardi depuis le Bureau ovale que l’attitude de Madrid était « terrible », ajoutant : « Nous allons couper tout commerce avec l’Espagne. Nous ne voulons rien avoir à faire avec l’Espagne. »

En réponse à ce blocage, l’armée américaine a déjà procédé à la relocalisation de 15 aéronefs, dont des avions ravitailleurs, initialement stationnés sur les bases militaires de Rota et de Morón, situées dans le sud de l’Espagne.

Face à ces menaces, le gouvernement espagnol a réagi par voie de communiqué, soulignant que les États-Unis devaient respecter le droit international ainsi que les accords commerciaux bilatéraux conclus avec l’Union européenne. Madrid assure la disposition des ressources nécessaires pour contenir l’impact d’un éventuel embargo américain.

Cette crise s’inscrit dans la prolongation des attaques menées samedi par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a fermement condamné ces opérations, les qualifiant de violation du droit international et appelant au dialogue. Lundi, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, avait précisé sur la chaîne Telecinco que les bases sous souveraineté espagnole ne serviraient à aucune opération non prévue par les accords avec Washington ou contraire à la Charte des Nations Unies.

Les tensions entre l’administration de Donald Trump et le gouvernement de Pedro Sanchez s’accumulent. En 2024, Madrid avait déjà refusé d’accorder l’accès à ses ports aux navires transportant des armes destinées à Israël. L’Espagne s’est également opposée aux exigences américaines demandant aux membres de l’OTAN de consacrer 5 % de leur produit intérieur brut à la défense d’ici 2035.

Sur le plan économique, l’Espagne, premier exportateur mondial d’huile d’olive et fournisseur de pièces automobiles, d’acier et de produits chimiques, présente une vulnérabilité relative face à cette rupture. Les données du Bureau du recensement des États-Unis indiquent d’ailleurs que Washington a enregistré en 2025 un excédent commercial de 4,8 milliards de dollars avec l’Espagne, avec 26,1 milliards de dollars d’exportations contre 21,3 milliards d’importations.

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