l’intégralité du message à la Nation du Président Diomaye Faye

Mes chers compatriotes,
Notre pays s’apprête à célébrer le soixante-sixième anniversaire de son accession à l’indépendance. Ce rendez-vous du 4 avril est plus qu’une simple commémoration. Il est un moment de rassemblement, un moment de fierté, un moment où la Nation mesure le chemin parcouru et se remet en marche, plus consciencieuse de ce qui l’unité.
L’indépendance fut un acte fondateur. Elle a donné au Sénégal le droit de choisir, le devoir de décider et la responsabilité d’assumer son destin.
À l’heure où tant de peuples vivent l’épreuve de l’instabilité, où des conflits déchirent des régions entières et où les équilibres du monde se déplacent avec fracas, nous devons mesurer ce que nous avons de plus précieux : la République.
La République n’est pas seulement un acquis. Elle est le fruit d’un effort collectif permanent, d’une discipline civique et d’une fidélité profonde à l’État.
Dans ce contexte international particulièrement instable, marqué notamment par l’escalade des tensions au Moyen-Orient et la guerre en Iran, les équilibres économiques mondiaux restent exposés à des chocs imprévisibles.
Ces évolutions exercent déjà des pressions sur les chaînes d’approvisionnement, les coûts de transport et les prix de l’énergie, avec des effets qui peuvent se répercuter sur les économies, y compris la nôtre. Les efforts importants consentis ces derniers mois pour alléger le coût de la vie et améliorer les conditions des ménages doivent donc être consolidés avec vigilance.
C’est pourquoi nous devons rester lucides, anticiper ces évolutions et poursuivre, avec méthode et responsabilité, les réformes engagées afin de préserver durablement notre économie et le pouvoir d’achat des Sénégalais.
Mes chers compatriotes,
La stabilité que nous avons su préserver s’appuie, avant tout, sur l’engagement de nos Forces de Défense et de Sécurité. Elles sont le bouclier silencieux de notre stabilité. Elles veillent sur nos frontières, sur nos villes comme sur nos campagnes.
Elles protègent nos populations et leurs biens. Elles répondent aux menaces. Elles portent haut le drapeau du Sénégal, ici, et partout où le devoir les appelle.
La modernisation de nos Forces de Défense et de Sécurité, engagée ces dernières années, a permis de renforcer leurs capacités et d’adapter leur organisation aux défis contemporains.
Le déploiement stratégique à l’Est, l’implantation de nouvelles unités et la création d’une industrie de défense, traduisent une préparation minutieuse et lucide.
Cette année, la Fête nationale, dont le défilé se tiendra demain à Thiès, avec l’honneur de la contribution des Forces de Défense et de Sécurité aux Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026.
Ce choix exprime une vision claire de l’État.
En effet, nos Forces e Défense et de Sécurité ne se respectent pas en retrait de la Nation. Elles en sont une composante vivante. À travers le concept Armée-Nation, elles transmettent aux jeunes les valeurs de civisme, de discipline et d’engagement. Elles démontrent ainsi que servir la patrie ne se limite pas seulement à la défense du territoire : c’est aussi construire, protéger et bâtir son avenir.
Mes chers compatriotes,
Dans la perspective des Jeux Olympiques de la Jeunesse, la mobilisation des forces de Défense et de Sécurité est totale. La Gendarmerie et la Police nationale préparent un dispositif de sécurisation complet pour Dakar, Diamniadio et Saly.
Des milliers de personnels, appuyés par des moyens terrestres, maritimes et aériens, seront engagés afin de garantir la sérénité de cet événement historique.
Certes les JOJ Dakar 2026 seront un moment de rayonnement pour le Sénégal et pour l’Afrique. Mais au-delà, ces Jeux laisseront un héritage durable en matière d’infrastructures, d’équipements, d’organisation, de compétences et de confiance collective.
A six mois de leur ouverture, notre pays compte, en plus des Forces de Défense et de Sécurité, sur la mobilisation de sa jeunesse, du monde des arts et de la culture, ainsi que de nos partenaires extérieurs pour relever ce défi national et ce pari continental.
Outre les infrastructures de compétition en cours de finalisation, d’autres ouvrages sont en chantier dans plusieurs communes dans le cadre du programme quinquennal des Infrastructures Sportives de Proximité (ISP).
Le sport contribue à l’épanouissement des populations, au renforcement de l’unité nationale et au rayonnement international de notre pays. La Coupe d’Afrique des Nations remportée par l’équipe nationale de football, sa prochaine participation à la Coupe du Monde, les nombreux trophées gagnés par les différentes disciplines individuelles ainsi que celles par équipe, démontreront que le Sénégal est un pays de champions.
Mes chers compatriotes,
Un de nos grands défis est d’ancienne une jeunesse nourrie de discipline, d’excellence, d’amour de la patrie et profondément enracinée dans nos valeurs.
Les centres de formation de Thiempeng, Sébikotane et Ndouloumadji sont opérationnels. D’autres sont en cours d’achèvement à Touba, Diourbel et Linguère. Vingt-trois (23) centres départementaux supplémentaires sont programmés afin de rapprocher les opportunités de formation des terroirs.
La formation professionnelle et technique supérieure, de son côté, va connaître une impulsion inédite à travers la construction de huit (8) nouveaux Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP) d’une capacité globale de vingt-quatre mille (24 000) apprenants à l’horizon 2029.
Mes chers compatriotes,
Les récents événements douloureux survenus à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et marqués par le décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, paix à son âme, renseignent sur les vulnérabilités de notre système d’enseignement supérieur.
L’université sénégalaise, malgré sa grande résilience démontrée à maintes reprises, doit être repensée.
Face aux fragilités du système d’enseignement supérieur du fait de la massification des effectifs d’étudiants, de l’insuffisance du nombre d’enseignants-chercheurs et des infrastructures, des corrections s’imposent pour un redressement de la situation.
Il est impératif de procéder à une refondation de l’enseignement supérieur.
C’est cette exigence qui m’avait amené à instruire la tenue d’assises dans le sous-secteur de l’enseignement supérieur et l’élaboration de l’Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (ANTESRI) dont l’adoption donnerait une feuille de route pour une université pacifiée, compétitive et alignée sur les orientations de la vision Sénégal 2050.
La crise universitaire actuelle sur la question des allocations d’études, liée en partie au dérèglement du calendrier académique, a conduit l’État du Sénégal à conclure des contrats de performance avec toutes les universités publiques en vue d’un retour définitif à une année universitaire normale.
Au demeurant, les réformes systémiques engagées, dans le cadre de la refondation curriculaire, visent à repenser, dans son ensemble, notre modèle éducatif et de formation, afin qu’il soit d’une part, essentiellement enraciné dans nos langues, notre culture, nos traditions et nos valeurs et d’autre part, qu’il prépare notre jeunesse à la maîtrise de compétences et de connaissances scientifiques et techniques notamment le numérique et l’intelligence artificielle.
Mes chers compatriotes,
La Vision Sénégal 2050 nous enseigne que le progrès véritable ne se mesure pas seulement à la croissance économique, mais aussi à la capacité d’un pays à prendre soin des plus vulnérables et à garantir à chacun sa dignité et sa place dans la communauté nationale.
C’est pourquoi, j’ai placé l’inclusion des personnes handicapées au cœur de l’action publique.
Plus de quinze mille (15 000) titulaires de la Carte d’Égalité des Chances sont déjà enrôlés dans le régime d’assurance maladie universelle, avec un objectif d’extension significatif en 2026.
L’accès à l’emploi et à l’entrepreneuriat est renforcé : mille quatorze (1 014) projets portés par des personnes handicapées ont été financés, avec l’appui du FONGIP et de la DER/FJ pour un montant global de 1,37 milliards. Dans le cadre du PAVI II, au moins 5 % de l’enveloppe globale de 107 milliards sera réservé à leurs projets.
Le Programme national de Bourses de Sécurité familiale a été relancé et renforcé. Il est articulé avec la carte d’assurance maladie universelle et d’autres filets sociaux au profit des bénéficiaires. Les dispositifs de protection sociale adaptative soutiendront les familles affectées par les chocs économiques et climatiques.
Mes chers compatriotes,
Soixante-six ans après l’indépendance, le Sénégal demeure fidèle à son cap.
Le Sénégal est plus que jamais stable dans ses institutions, portées par une dynamique de réformes qui vise à consolider, dans la durée, les fondements de notre Pacte républicain.
Notre pays demeure confiant en sa jeunesse et profondément attaché à ses valeurs. Notre responsabilité c’est de préserver cet héritage, l’enrichir et le transmettre.
Demain, lorsque notre Drapeau s’élèvera, qu’il nous rappelle que l’indépendance est à la fois une mémoire et une exigence pour chaque Sénégalaise et chaque Sénégalais. Celle d’inscrire son action dans une dynamique collective où chaque geste, chaque engagement, contribue à renforcer la cohésion nationale et à ouvrir des perspectives nouvelles pour les générations futures.
C’est une fierté et un devoir.
C’est ensemble, dans l’unité, le travail et la discipline républicaine, que nous continuerons à écrire l’histoire du Sénégal.
Vive la République ! Vive le Sénégal !


