Politique

Trois ans de prison requis pour un élève de CP, découvrez la raison…

A. Sy a comparu ce mardi devant la chambre criminelle du tribunal judiciaire de Thiès pour des faits remontant à 2023. La victime maintient sa version, tandis que le prévenu nie toute relation intime. Le procureur demande l’acquittement pour le viol, mais une peine de prison pour détournement de mineur.

C’est une affaire délicate qui a été examinée ce mardi 24 février 2026 par la chambre criminelle du tribunal de grande instance de Thiès. A. Sy, élève de CP, est poursuivi pour viol et détournement de mineur contre A. Lô, qui n’avait que 14 ans au moment des faits, en 2023. A l’audience, les versions se sont affrontées, laissant au tribunal le soin de démêler le vrai du faux.

L’ambiance était lourde ce mardi dans la salle d’audience de la chambre criminelle de Thiès. Devant les juges, un jeune homme de CP, A. Sy, répondait de crimes graves : viol et détournement de fonds sur une jeune fille de 14 ans, A. Lô, également scolarisée.

D’emblée, l’accusé a choisi la ligne de défense la plus radicale : le déni pur et simple. Oui, il connaît la fille, ils habitent dans le même quartier. Non, il n’a jamais eu de relation intime avec elle, ni même de rapport sexuel. Une posture ferme, mais qui détonne avec la version tout aussi déterminée de la victime.

A la barre, A. Lô, aujourd’hui âgé de 17 ans, a livré un témoignage précis et poignant. Elle raconte comment, ce jour de 2023, A. Sy l’a abordée devant chez elle. Il propose de monter sur sa moto pour « aller quelque part ». Par confiance, dit-elle, elle accepte.

Mais le voyage tourne court. Selon son récit, l’accusé l’a emmenée dans un immeuble inachevé du quartier. Là, il étale un pagne noir sur le sol, la déshabille et l’oblige à avoir des relations sexuelles. Pas de relation amoureuse, insiste-t-elle, seulement la confiance trahie d’un enfant envers un garçon plus grand du quartier.

C’est finalement le hasard qui fera ressortir les faits. Un voisin a vu le prévenu déposer la jeune fille dans un magasin du coin. Sans attendre, elle alerte la mère de l’adolescente. Interrogé, ce dernier finit par révéler le viol subi dans l’édifice inachevé.

A la barre, le père de la victime a confirmé ces éléments, apportant un éclairage douloureux sur la découverte des faits par la famille.

Le moment le plus surprenant de l’audience est venu des réquisitions du procureur de la République. Contre toute attente, le représentant du ministère public a demandé l’acquittement pur et simple de A. Sy du chef de viol. Il a en revanche demandé au tribunal de le condamner à trois ans de prison pour le délit de détournement de mineur.

Une position apparemment contradictoire, mais qui s’explique juridiquement : si le procureur estime que la preuve de la contrainte ou de la surprise (éléments constitutifs d’un viol) n’est pas suffisamment rapportée, il peut en revanche considérer que le fait d’avoir emmené un mineur dans un lieu isolé constitue bien un détournement.

De son côté, la partie civile, représentant la jeune fille, réclame 10 millions FCFA de dommages et intérêts, mettant en avant le traumatisme subi par l’adolescente et ses répercussions sur sa vie de jeune fille.

A l’issue de la procédure, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. La décision sera rendue le 24 mars 2026. D’ici là, la jeune fille et sa famille attendent, dans l’espoir que justice soit rendue, tandis que le prévenu espère probablement que le tribunal suivra les réquisitions du procureur.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button