l’ONU pointe du doigt une tactique précise de l’armée israélienne

La situation humanitaire se dégrade de jour en jour au Liban sous le poids des opérations militaires israéliennes. Alors que les déplacements de population atteignent des niveaux critiques à travers le pays, les agences onusiennes alertent sur l’isolement grandissant de certaines zones stratégiques.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a mis en garde vendredi contre un risque réel de « catastrophe humanitaire ». Lors d’un point de presse à Genève, Karolina Lindholm Billing, représentante du HCR au Liban, a souligné que les frappes et les ordres d’évacuation forcée touchent désormais l’ensemble du territoire, du sud du pays jusqu’au nord, en passant par la plaine de la Bekaa et la capitale Beyrouth. Selon les données de l’ONU, plus de 1,2 million de personnes ont été contraintes de fuir leur domicile depuis l’intensification des attaques début mars.
Dans le sud du Liban, la situation est aggravée par la destruction d’infrastructures civiles majeures. L’armée israélienne a procédé à la destruction de plusieurs ponts clés, notamment au-dessus du fleuve Litani, dépendant du sud au reste du pays. « La destruction des ponts principaux dans le sud à coupé des quartiers entiers, isolant plus de 150 000 personnes et limitant sévèrement l’accès humanitaire pour leur faire parvenir des produits de première nécessité », a précisé Mme Lindholm Billing.
Cette stratégie d’isolement s’accompagne d’une multiplication des ordres de déplacement forcé. Vendredi après-midi, l’armée israélienne a annoncé une nouvelle vague de frappes aériennes sur Beyrouth et émis des avis d’évacuation pour plusieurs quartiers de la banlieue sud, dont Haret Hreik et Burj al-Barajneh. Notre rédaction souligne que l’organisation Human Rights Watch a condamné ces méthodes jeudi, évitant que les tactiques d’expulsion massive d’Israël au Liban fassent peser de graves risques de déplacement forcé, qualifiant ces actes et les punitions collectives de potentiels crimes de guerre.
Sur le terrain, la chaîne Al Jazeera, dont le correspondant Obaida Hitto se trouve à Tyr, rapporte que ces ordres d’évacuation provoquent un mouvement de panique, d’autant plus qu’ils concernent des zones jusqu’alors considérées comme sûres. La destruction des ponts rend la quête d’un abri encore plus complexe pour les civils en fuite et place le gouvernement libanais face au défi d’une réponse rapide à cette crise.
Les hostilités s’inscrivent dans une escalade entamée après le 28 février, dans le sillage de l’assassinat du guide suprême iranien l’ayatollah Ali Khamenei. Le Hezbollah continue d’affronter les troupes israéliennes et de tirer des roquettes vers le nord d’Israël, son dirigeant Naim Qassem ayant affirmé cette semaine que le groupe ne cesserait pas le combat. De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a confirmé son intention d’élargir l’invasion terrestre pour créer une « zone tampon plus vaste » en territoire libanais.



