L’ONU recense 463 morts de faim et pointe ce risque démographique irréversible

Le Bureau des droits de l’homme des Nations Unies a rendu public, ce jeudi, un nouveau rapport documentant l’impact de la campagne militaire israélienne sur les territoires palestiniens. Cuvrant la période du 1er novembre 2024 au 31 octobre 2025, le document analyse les conséquences structurelles du blocus et des opérations armées. Au-delà du bilan humain immédiat, les conclusions de l’instance internationale mettent en lumière une transformation profonde du territoire, soulevant des questions juridiques majeures sur l’avenir de la population locale.
Selon les éléments rapportés par Al Jazeera, le rapport établit que les conditions de vie créées par l’offensive sont devenues « de plus en plus incompatibles avec la survie des Palestiniens en tant que groupe à Gaza ». L’ONU pointe spécifiquement la destruction méthodique de quartiers entiers et le refus d’assistance humanitaire comme des vecteurs d’un changement démographique permanent.
Cette stratégie, combinée aux transferts forcés de population, amène les rédacteurs du rapport à exprimer des inquiétudes concernant un « nettoyage ethnique » à Gaza et en Cisjordanie. Le document souligne que ces mesures visent à dominer et opprimer exclusivement le peuple palestinien, modifiant de fait la composition démographique des territoires occupés.
Une crise alimentaire aux conséquences mortelles
Les données recueillies sur cette période de douze mois révèlent l’ampleur de la crise humanitaire. Le rapport confirme la mort par famine d’au moins 463 Palestiniens, dont 157 enfants. L’ONU décrit une situation où les civils font face à un « choix inhumain » : mourir de faim ou risquer d’être tués en tentant d’accéder à des vies. Ces décès sont qualifiés de conséquences directes et prévisibles des actions gouvernementales israéliennes.
Violences en Cisjordanie et restrictions religieuses
Parallèlement à la situation dans l’enclave, le rapport documente une intensification de la violence en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est. Le ministère palestinien de la Santé a annoncé mercredi la mort de Nasrallah Mohammad Jamal Abu Siam, 19 ans, tué lors d’une attaque de colons au nord-est de Jérusalem. Selon la Commission de résistance contre le mur et les colonies, ce décès porte à 37 le nombre de Palestiniens tués par des colons depuis octobre 2023.
Sur le plan religieux, le mois de Ramadan s’accompagne de nouvelles restrictions d’accès à la mosquée Al-Aqsa. Les autorités israéliennes ont émis plus de 100 ordres d’expulsion interdisant l’accès aux jeunes Jérusalemites et ont limité l’entrée des fidèles de Cisjordanie à 10 000 permis, soumis à des conditions strictes. Le cheikh Akrama Sabri, imam de la mosquée, dénonce une volonté « d’imposer une réalité par la force ».
Sur le terrain militaire, malgré le cessez-le-feu théorique débuté le 10 octobre 2025, les forces israéliennes ont continué leurs opérations. Des frappes aériennes et des tirs d’artillerie ont touché Rafah et l’est de Khan Younès ce jeudi, alors que les familles entamaient leur jeûne sous les bombardements.



