Me Moussa Bocar Thiam contre-attaque

L’ancien ministre de la communication sous le régime de Macky Sall, Me Moussa Bocar Thiam a réagi hier, vendredi 27 février à sa mise en accusation devant la Haute cour de justice par l’Assemblée nationale dans le cadre du dossier du fonds « Force Covid-19 ». Dénonçant une « violation flagrante de la Constitution », l’actuel maire d’Ourossogui qui vit à Dubaï depuis l’avènement du nouveau régime, annonce son retour au Sénégal pour faire face à la justice et fustige une cabale politique qu’il attribue au camp du Premier ministre Ousmane Sonko.
C’est désormais officiel. Le maire d’Ourossogui, Me Moussa Bocar Thiam, rallonge la liste des anciens membres du gouvernement sous le régime du président Macky Sall traduits devant la Haute Cour de justice pour y répondre de leur gestion du fonds de riposte contre les effets du Covid-19, dénommée « Force Covid-19 ».
Réunis en séance hier, vendredi 27 février, les députés ont adopté, par 104 voix pour, 9 contre et 3 abstentions, le projet de résolution portant sa mise en accusation devant cette juridiction d’exception, créée par la loi organique n° 2002-10 du 22 février 2002, chargée de juger le Président de la République pour haute trahison, le Premier ministre, les ministres et leurs complices. Cependant, la réaction de l’ancien ministre de la Communication, Moussa Bocar Thiam, n’a pas tardé. Depuis le lancement par l’Assemblée nationale de la procédure de sa mise en accusation devant la Haute Cour de justice, il a multiplié les prises de parole.
Dans une publication partagée sur sa page Facebook, peu après la clôture de la assemblée, il dit prendre acte de cette décision et annonce son retour prochain au Sénégal pour se mettre à la disposition de la justice. « Je prends acte de la décision illégale de l’Assemblée nationale me traduisant devant la Haute Cour de justice en violation flagrante de la Constitution », at-il dénoncé, avant d’ajouter : « Néanmoins, en bon républicain, je prends immédiatement des congés professionnels au niveau de notre cabinet dans le Golfe pour venir au Sénégal me mettre à la disposition de la justice. Je vais démonter cette cabale politique initiée par Ousmane Sonko et sa bande, qui vise à museler l’opposition sénégalaise à travers la diabolisation et le règlement des comptes politiques pour masquer leur incompétence et leurs limites face à la demande sociale. »
La veille de la séance, le jeudi 26 février, prévue pour examiner le projet de résolution portant sa mise en accusation devant la Haute Cour de justice, l’ancien ministre et maire d’Ourossogui avait déjà contre-attaqué.
Dans une publication sur sa page Facebook, il a demandé l’annulation de cette séance, annonçant que le Conseil constitutionnel, la Haute Cour de justice, le procureur général ainsi que le président de la Cour d’appel ont été saisis pour dénoncer une violation de la Constitution par l’Assemblée nationale. Le lundi 23 février, l’ancien ministre avait également contesté la compétence des députés à saisir cette juridiction, évoquant un acharnement politique après le vote de la Commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains, qu’il avait qualifié de « sans base légale ».
Selon lui, aucun rapport d’un organe de contrôle ne met en cause sa gestion ministérielle. Mieux, il affirme être « le seul ancien ministre poursuivi » sans qu’un document émanant de la Cour des comptes, de l’Inspection générale d’État (IGE), de la CENTIF ou de l’Inspection générale des finances (IGF) ne vise son action à la tête de son département.
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