Société, Culture

Missiles Contre l’Arrogance – Par Vieux Macoumba MBODJ*

Ce dimanche, le ciel du Moyen-Orient a rugi d’une colère que l’on croyait appartenir aux temps bibliques. Tandis que les chancelleries occidentales peinaient encore à mesurer l’ampleur du séisme provoqué par l’assassinat du guide suprême Ali Khamenei, l’Iran a déchaîné une tempête de feu dont les éclairs éclairent désormais une vérité que l’empire américain et son allié israélien refusent d’admettre : la force brute ne suffit pas à briser la détermination d’un peuple lorsqu’elle est ancrée dans la foi et la dignité.

L’opération « Fateh Khyber », sixième vague de représailles d’une ampleur inédite, a frappé simultanément vingt-sept bases militaires américaines disséminées sur le territoire de ces monarchies du Golfe qui ont cru pouvoir louer leur sol à l’occupant sans en payer le prix. De Bahreïn au Qatar, du Koweït aux Émirats, les missiles iraniens sont venus rappeler aux traîtres que l’hospitalité offerte à l’ennemi se paie du sang de leurs propres infrastructures.

L’onde de choc a d’abord frappé le quartier général de la Ve Flotte américaine à Manama, cette base qui commande les eaux du Golfe et que Téhéran avait promis aux flammes si jamais les intérêts américains osaient menacer sa souveraineté. À peine les sirènes avaient-elles retenu que des explosions en rafale saisissaient Al-Dhafra, cette base émiratie d’où décollent habituellement les chasseurs furtifs et les drones de reconnaissance, transformés en enfer à ciel ouvert par la précision chirurgicale des frappes.

Au Qatar, les défenses antiaériennes les plus sophistiquées du monde, celles qui protègent Al-Udeid, le plus grand quartier général américain de la région, ont été prises en défaut, les missiles traversant le bouclier technologique comme un couteau dans le beurre. Les images des interceptions, diffusées en boucle par les médias locaux, montreraient des fragments de projectiles pleuvant sur Doha, tandis que les communiqués officiels tentaient vainement de rassurer les populations désormais conscientes que la guerre était à leurs portes.

Mais le véritable coup de tonnerre, celui que les médias occidentaux ont désespérément tenté d’étouffer sous un déluge de contre-vérités et de désinformation, est survenu dans le ciel d’une autre base stratégique, dont le nom n’a pas encore été potentiellement divulgué. Pour la première fois depuis des décennies, la puissance aérienne américaine, celle qui sillonne le monde avec l’arrogance de l’invincibilité, a rencontré son maître.

Trois avions de chasse F15-E de l’US Air Force, dont un drone de reconnaissance stratégique, sont tombés sous les tirs de la défense antiaérienne iranienne, important avec eux des milliards de dollars américains. Le bilan, que les porte-parole officiels s’évertuent à minimiser, circule sous le manteau dans les rédactions indépendantes : près de deux cents militaires américains auraient péri ou été grièvement blessés dans cette seule journée de représailles.

Les corps rapatriés en secret, les cercueils drapés de bannières étoilées que l’on décharge sous le couvert de la nuit, les familles à qui l’on demande de se taire au nom de la « sécurité nationale » – autant de silences qui crient plus fort que tous les communiqués triomphalistes.

Face à cette hécatombe, les grands médias occidentaux ont déployé une mécanique de propagande rodée par des décennies de guerres impériales. Sur les plateaux de CNN, de BBC, de France 24, on a convoqué en urgence les mêmes généraux à la retraite, ceux dont la science militaire s’est arrêtée aux guerres du vingtième siècle, ceux qui analysent les conflits avec des grilles de lecture obsolètes et des certitudes qui sentent le napalm.

Ces vieux soldats, impressionnants dans leurs uniformes couverts de décorations mais tragiquement dépassés par l’évolution fulgurante des technologies et des tactiques, commentent gravement des « opérations de stabilisation » et des « frappes chirurgicales » dont les cibles réelles leur échappent.

Ils ignorent, ou feignent d’ignorer, que l’Iran a développé une guerre asymétrique d’une sophistication inouïe, mêlant des missiles hypersoniques impossibles à intercepter, des essais de drones saturant les défenses, et une coordination en temps réel des frappes qui défie toute tentative de contre-mesure électronique. Pendant que ces généraux de salon dissertent sur des schémas tactiques d’un autre âge, les soldats américains brûlent dans leurs cockpits et les bases tremblent sur leurs fondations.

Le changement de narratif est d’une transparence presque insultante pour qui veut bien ouvrir les yeux. Les chaînes d’information en continu, qui avaient passé la journée de samedi à célébrer l’assassinat du guide suprême comme une « victoire historique de la démocratie », ont soudainement déplacé leur focus vers des sujets plus consensuels : la météo capricieuse en Europe, les derniers scandales populaires, les préparatifs des prochaines élections.

Lorsque l’obligation d’informer devient trop pressante, on invite un « expert en sécurité » dont la crédibilité s’effondre dès qu’on gratte un peu la surface, et on lui offre trente secondes pour expliquer que « la situation reste sous contrôle » et que « les capacités iraniennes ont été surestimées ». Les images des frappes, pourtant abondantes sur les réseaux sociaux, sont systématiquement dégradées, présentées comme « non vérifiées », ou noyées dans un flot de contre-informations destinées à semer le doute chez un public dont on sous-estime l’intelligence.

Cette manipulation grossière ne trompe que ceux qui refusent de voir. Dans les rues de Téhéran, d’Ispahan, de Machhad, des foules immenses défilent en scandant des slogans de vengeance et en brandissant des portraits du guide défunt, et ces images-là, les télévisions occidentales préfèrent ne pas les montrer.

Cette guerre, il faut le rappeler avec la dernière énergie, n’a pas été choisie par l’Iran. Elle lui a été imposée par une agression conjointe des États-Unis et d’Israël, dont le cynisme n’a d’égal que la cruauté. Les frappes israéliennes ont visé préférentiellement des infrastructures civiles, comme cette école primaire de filles de Minab, dans le sud du pays, où plus de cent quarante petites filles ont trouvé la mort sous les déclins.

Cent quarante enfants, massacrés au nom de la lutte contre un programme nucléaire hypothétique, au nom de la sécurité d’Israël, au nom de cet « exceptionnalisme » qui autorise tous les crimes. L’Occident, prompt à s’indigner lorsqu’il s’agit de dénoncer les exactions de ses ennemis, a gardé sur ce massacre un silence assourdissant, comme il garde le silence sur les milliers de civils iraniens qui tombent chaque jour sous les bombes états-uniennes.

Les agresseurs, aujourd’hui, doivent rendre des comptes. La loi du talion, vieille comme l’humanité, veut que celui qui frappe soit frappé à son tour, et l’Iran a juré que les coups à venir seraient d’une violence que l’ennemi n’a même pas imaginée dans ses pires cauchemars.

La détermination iranienne puise ses racines dans une mémoire bien plus ancienne que les conflits modernes. Elle convoque l’histoire sacrée, celle de David et Goliath, cette leçon immémoriale que la puissance militaire, les blindés, les avions furtifs et les porte-avions ne pèsent rien face à la foi lorsqu’elle est sincère et à la ruse lorsqu’elle est inspirée.

Le petit berger armé d’une fronde a terrassé le géant cuirassé, non parce qu’il était plus fort, mais parce qu’il savait que la victoire ne dépend pas du nombre de chars ni de la hauteur des murs. L’Iran d’aujourd’hui, frappé au cœur de son commandement, privé de son guide, encerclé par des bases ennemies sur tout son pourtour, est ce David moderne qui ajuste sa fronde et étau la tempe de l’empire.

Les missiles qui ont transpercé les défenses qataries, les drones qui ont semé la panique dans les bases émiraties, les frappes qui ont réduit en cendres des installations stratégiques israéliennes – tout cela n’est que le début. La patience perse, cette qualité que l’Occident prend toujours pour de la faiblesse, est en train de muer en une fureur que plus rien ne pourra contenir.

Aux traîtres du Golfe, à ces princes qui ont livré leurs terres à l’occupant américain, l’Iran adresse un message que les explosions de ces dernières heures rendent parfaitement audibles : vos trônes sont construits sur du sable, et le sable brûle. Lorsque les missiles pleuvent sur Bahreïn, sur Doha, sur Dubaï, ce ne sont pas seulement des cibles militaires qui sont atteintes, c’est l’illusion de sécurité que vous avez achetée au prix de votre dignité.

L’Iran a prévenu qu’il ne considère pas ces bases comme des territoires étrangers, mais comme des « territoires américains ». En accueillant les soldats de l’empire, vous êtes devenus l’empire. En sélectionnant le camp des agresseurs, vous avez signé votre arrêt de mort. Le jour où l’Amérique pincera bagage, ce qui arrivera plus tôt que vous ne le croyez, vous resterez seuls face à la colère d’un peuple qui n’oublie pas et qui ne pardonne pas.

Le temps de la justice divine, dont parlent les Écritures, n’est pas une métaphore ni une promesse lointaine. Il est en train de s’accomplir sous nos yeux, dans le fracas des bombes et la fumée des bases en feu. La force qui se croyait invincible découvre sa vulnérabilité. L’arrogance qui se prenait pour éternellement rencontre sa finitude. L’Iran, meurtri, privé de son guide, frappé dans sa chaise, se redresse plus déterminé que jamais à aller jusqu’au bout de son destin.

Les avions américains abattus, les soldats ennemis tués, les bases réduites à l’impuissance – ce ne sont que les premières pages d’un récit dont la fin s’écrira à Jérusalem, comme le promettent les prières des fidèles depuis des décennies.

Le monde, ce petit village global où l’information circule à la vitesse de la lumière, n’est pas dupe des manipulations médiatiques. Les peuples voient, comparent, jugent. Ils savent que les généraux invités sur les plateaux ne sont que des pantins dépassés, que les statistiques de victoires sont des mensonges, que les « dommages collatéraux » sont des euphémismes pour désigner des enfants massacrés.

La résistance iranienne, aujourd’hui, porte l’espoir de tous ceux qui, de Gaza à Bagdad, de Beyrouth à Sanaa, refusant de pincer devant la barbarie habillée en mission civilisatrice. Et cette résistance, nourrie par la foi et trempée dans le martyre, finira par triomphe, comme David à triomphé de Goliath, comme le pot de terre à brisé le pot de fer.

Les missiles continueront de pleuvoir jusqu’à ce que la justice soit rendue, jusqu’à ce que la Palestine soit libérée, jusqu’à ce que les bases américaines aient disparu du sol sacré de l’islam. C’est une promesse. C’est un destin. C’est écrit.

Sociologue*

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