Où est AEE POWER Espagne dans cette affaire qui concerne son nom ?

L’affaire des 37 milliards de francs CFA liée à Aser s’est imposée comme l’un des premiers dossiers à forte résonance du nouveau régime. Au fil des semaines, elle a cristallisé questions parlementaires, plaintes, saisines des instances de régulation et batailles de communication. Cependant, au cœur de cette tempête politico-médiatique, une absence continue de susciter des interrogations : celle du partenaire espagnol annoncé dans le montage du projet.
Tout est parti des multiples sorties du député Thierno Alassane Sall. Questions écrites, déclarations publiques, dénonciations d’irrégularités présumées : l’élu a méthodiquement introduit le sujet dans l’espace public, évoquant des zones d’ombre autour des conditions d’attribution et de financement. Ses actions ont été accompagnées de plaintes et d’une saisine de l’Autorité de régulation des marchés publics (Arcop), notamment par Aaer Power Sénégal, acteur présenté comme partie prenante du projet.
En face, la Direction générale de l’Aser, par la voix de son directeur général Jean Michel Sène, a multiplié les pièces justificatives. Conférences de presse, communiqués, précisions techniques, pour tenter de dissiper les soupçons et ramener le débat sur le terrain administratif.
Mais un fait demeure : dans cette question aux ramifications internationales, la partie espagnole, présentée comme un partenaire stratégique, ne s’est jusqu’à présent guère exprimée publiquement. Cependant, si Aee Power Sénégal s’est exprimée à travers des démarches institutionnelles au Sénégal, qu’en est-il de la maison mère en Espagne ? Où est Aee Power Spain dans cette affaire qui concerne son nom, sa réputation et potentiellement sa responsabilité contractuelle ?
Dans un contexte où la transparence est érigée en principe cardinal par les nouvelles autorités, le silence du partenaire étranger alimente les interrogations. Est-ce une stratégie de communication visant à laisser la filiale locale gérer la crise ? Prudence juridique en attendant d’éventuelles décisions des instances compétentes ? Ou un simple écart d’appréciation entre la perception nationale et la lecture internationale du dossier ?
Quoi qu’il en soit, cette absence contraste avec l’intensité des échanges politiques internes. Alors que les accusations, les démentis et les procédures se succèdent à Dakar, l’opinion publique n’a toujours pas entendu la version officielle du côté espagnol. Dans un cas présenté comme emblématique de la gouvernance des marchés publics et de la coopération internationale, ce silence devient à lui seul un élément de débat.
Au-delà des postures politiques et des querelles partisanes, une exigence s’impose : celle de la clarté. Si les 37 milliards engagés concernent des fonds publics et un partenariat international, chaque acteur – national et étranger – doit apporter sa part d’explication. Car dans ce type de cas, l’absence de mots peut être aussi chargée de sens que les propos les plus offensants.
Source : Kristine



