« Par conviction et calcul », (Ibrahima Thioune)

L’élection d’un nouveau Secrétaire général des Nations Unies est toujours un moment charnière pour l’équilibre du monde. À l’heure où crises sécuritaires, climatiques, économiques et géopolitiques s’entremêlent, la question du leadership à la tête de l’Organisation devient plus stratégique que jamais.
Dans ce contexte, l’hypothèse d’une accession de Macky SALL au Secrétariat général des Nations Unies suscite un intérêt croissant et alimente un débat à la fois politique et diplomatique. Soutenir une telle candidature nécessiterait à la fois conviction et calcul.
Par conviction
Par conviction tout d’abord, soutenir la candidature de Macky SALL à la tête des Nations Unies vient d’un profond attachement à son parcours, à la richesse de son expérience d’homme d’État et à la vision du monde qu’il incarne. Homme d’État rompu aux exigences de la gouvernance nationale et internationale, Macky SALL a dirigé le Sénégal dans un contexte régional et mondial marqué par de profonds changements.
Son action en tant que chef de l’Etat s’inscrit dans une dynamique de stabilité institutionnelle, de consolidation démocratique et de modernisation économique. Cette expérience constitue un atout majeur pour la gestion d’une organisation multilatérale qui nécessite un sens de l’équilibre, une capacité d’arbitrage et une vision stratégique.
Par conviction également, car son attachement au multilatéralisme ne s’est jamais démenti. Dans un monde traversé de divisions identitaires et de tensions géopolitiques, il n’a cessé de plaider pour le dialogue, la coopération internationale et le respect du droit international.
Son positionnement sur les grands enjeux mondiaux – climat, dette des pays en développement, sécurité alimentaire, paix et sécurité – a été porté par une voix mesurée mais ferme, attentive aux intérêts. pays du Sud tout en restant ouvert à la concertation avec tous les partenaires. Sa présidence de l’Union africaine a illustré cette capacité à défendre les priorités du continent tout en recherchant des compromis à l’échelle mondiale.
Il a mené des initiatives sur le financement du développement, la réforme de la gouvernance financière internationale et la réponse aux crises de sécurité régionales. Cette posture d’équilibre, entre plaidoyer et pragmatisme, correspond à l’esprit même des Nations Unies. Soutenir Macky SALL par conviction, c’est aussi reconnaître en lui un leader issu d’un pays reconnu pour sa tradition de dialogue, de stabilité et de diplomatie active.
Le Sénégal a toujours joué un rôle respecté dans les forums internationaux ; amener l’un de ses anciens chefs d’État à la tête de l’ONU s’inscrirait dans la continuité de cet héritage diplomatique. Enfin, la conviction repose sur une exigence morale, celle de promouvoir un leadership capable d’écouter, de rassembler et de réconcilier. Dans une organisation qui incarne l’universalité, le Secrétaire général doit être un médiateur crédible, un facilitateur de consensus et un défenseur constant de la paix. À bien des égards, le parcours et la stature internationale de Macky SALL répondent à cette attente.
Par calcul
Par calcul donc, tant les équilibres géopolitiques actuels, la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale que la dynamique interne du système des Nations Unies plaident en faveur du leadership du continent. Le système international traverse une phase de profonde restructuration : rivalités accrues entre grandes puissances, fragmentation des alliances traditionnelles, puissance croissante des pays émergents et exigences croissantes d’une gouvernance mondiale plus équitable.
Dans ce contexte, le choix d’un Secrétaire Général issu du continent africain constituerait un signal politique fort. L’Afrique, avec 54 États membres, représente un bloc diplomatique majeur au sein de l’ONU.
Son poids démographique, ses ressources stratégiques et son rôle central sur les questions climatiques, sécuritaires et migratoires en font un acteur incontournable. Soutenir Macky SALL, c’est aussi répondre à une logique d’équilibre et de représentation. Depuis la création de l’ONU, les fonctions stratégiques de gouvernance mondiale ont rarement reflété pleinement la diversité géographique et politique du monde. Une candidature africaine crédible, expérimentée et modérée peut rassembler les peuples au-delà du continent, servant de pont entre le Nord et le Sud, entre les puissances établies et les pays en développement. Le calcul est aussi diplomatique. Macky SALL dispose d’un réseau international dense, construit au fil de ses mandats, tant en Afrique qu’en Europe, en Asie et dans le monde arabe. Sa capacité à dialoguer avec des partenaires aux intérêts divergents peut constituer un avantage décisif dans un processus électoral qui repose sur de subtils équilibres, notamment au sein du Conseil de sécurité. Son profil de leader pragmatique et non clivant sur la scène internationale pourrait rassurer les grandes puissances tout en mobilisant le soutien des pays du Sud.
Par ailleurs, dans un monde marqué par de multiples crises – conflits armés, changement climatique, insécurité alimentaire, endettement des États fragiles – le choix d’un dirigeant issu d’un pays directement confronté à ces défis peut renforcer la légitimité morale et politique de l’Organisation. Le calcul consiste ici à promouvoir une figure capable d’incarner les préoccupations du plus grand nombre, tout en préservant la stabilité du système multilatéral. Enfin, pour l’Afrique, soutenir cette candidature dépasse la dimension symbolique : c’est une opportunité stratégique d’influencer davantage l’agenda international, d’influencer les réformes de la gouvernance mondiale et de faire entendre plus fortement ses priorités de développement inclusif, de transition énergétique, de lutte contre les inégalités et de sécurité.
Dans cette perspective, le soutien à Macky SALL n’est pas seulement un choix affectif ou identitaire ; cela s’inscrit dans une lecture rationnelle des intérêts du continent et de la dynamique mondiale.
Un appel au Sénégal
Dans ce contexte, il est crucial que l’État du Sénégal se mobilise pleinement pour soutenir cette candidature. En portant Macky SALL, le Sénégal affirme son rôle de leader continental et veille à ce que la voix africaine soit entendue et respectée au plus haut niveau du multilatéralisme. Le soutien national renforcera la crédibilité du candidat et donnera au continent une chance unique de jouer un rôle de premier plan dans la gouvernance mondiale.
Le Sénégal a tout à gagner à soutenir cette candidature de manière unie et consensuelle. Au-delà des cliques partisanes, c’est l’intérêt national et continental qui doit primer. Ainsi, considérer Macky SALL à la tête de l’ONU, c’est s’interroger à la fois sur la légitimité d’un profil et sur l’opportunité stratégique d’un choix. Entre idéaux diplomatiques et réalités géopolitiques, cette candidature cristallise une double logique : celle des principes et celle des intérêts.
Ibrahima THIOUNE*, Communicateur, Responsable Politique de l’Alliance Pour la République (APR) dans la commune de Keur Mboucki



