Société, Culture

Pourquoi le Président Diomaye Faye gagnerait à parrainer la candidature de Macky Sall

Macky Sall successeur d’António Guterres au poste de Secrétaire général des Nations Unies ! La rumeur est de plus en plus persistante, mais un mystère enveloppe la candidature de l’ex-président de la République du Sénégal. Et pourtant, l’actuel Chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Diakhar Faye gagnerait à parrainer cette candidature, la défendre pour que son préalablement soit porté à la tête de l’institution onusienne le 31 décembre prochain. Ce, pour deux raisons fondamentales : l’une est géostratégique et l’autre est jurisprudentielle.

LA RAISON GÉOSTRATÉGIQUE : ÉCARTER MACKY DE LA PRÉSIDENTIELLE DE 2029

La volonté clairement affichée par le parti «Les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité» (Pastef) d’effacer l’opposition se heurte à une résistance, voire une résilience farouche de l’ex-président de la République, Macky Sall et de son parti, l’Alliance pour la République (APR). Face à une opposition moribonde, de salon et/ou de communiqués de presse voire de réseaux sociaux, le Pastef se retrouve seul contre lui-même. La plus grosse équation de ce parti qui a été portée sur les fonts baptismaux en 2014 par de jeunes cadres de l’Administration sénégalaise, essentiellement par des inspecteurs des impôts et domaines, c’est la question sur leur candidat lors de la Présidentielle en 2029. Si le Premier ministre, Ousmane Sonko dispose de l’appareil de parti, le Chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Diakhar Faye continue de tisser sa toile en renforçant la coalition Diomaye Président avec un recrutement tous azimuts. La défénestration de Aida Mbodji qui a été remplacée par Aminata Touré dite Mimi en est une parfaite illustration.

Sans occulter le récent limogeage de Bassirou Kébé, proche de Ousmane Sonko, de la direction générale de la SN-HLM suivi de son remplacement par Abdourahmane Dabo, de la coalition Diomaye Président.

Ce qui a ravivée la guerre froide qui s’est installée au sommet de l’Etat depuis plusieurs mois. Une coexistence pacifique où chaque camp essaie de pousser l’autre à la faute pour pouvoir l’exploiter à sa guise. Un véritable jeu d’échecs qui risque de perdre le Pastef.

Dans un tel contexte où le doute a fini de plomber le slogan « Diomaye Moy Sonko», Avoir Macky Sall en embuscade en perspective de la Présidentielle de 2029, pourrait être une erreur fatale pour le parti, qui, gagnerait stratégiquement à envoyer l’ex-président de la République dans les bureaux feutrés de New York. Si ce dernier est élu le 31 décembre prochain, il sera contraint de démissionner de son parti. S’il réussit la performance Boutros Boutros-Ghali (Egypte) qui a fait un seul mandat, mais surtout celle de Kofi Annan (Ghana, deux mandats), il quittera les Nations Unies à 75 ans, un âge plafond qui l’exclurait définitivement de la course pour le palais présidentiel du Sénégal en… 2039.

Selon plusieurs observateurs, Macky Sall envisagerait son come-back au sommet de l’Etat. D’ailleurs, jamais un ancien Chef d’Etat sénégalais n’a été aussi présent dans les débats et dans l’espace public. Léopold Sédar Senghor tout comme Abdou Diouf avait définitivement tourné le dos en allant s’installer en France. Ils avaient tous les deux, pris la ferme décision de ne pas commenter l’actualité politique sénégalaise.

Quant à Abdoulaye Wade, sa présence s’explique juste pour un seul et unique combat : celui de son fils Karim Meissa Wade qui a été arrêté et envoyé en prison pendant 3 ans avant d’être exilé à Doha au Qatar dans des circonstances non encre élucidées.

Tout le contraire de Macky Sall qui reste président de l’APR, entretenant un contact permanent avec sa base. Non pas pour propulser un de ses lieutenants à la Magistrature suprême, mais plutôt pour reprendre le Perchoir qu’il a visiblement quitté par contrainte.

Raison jurisprudentielle : Quand Jacques Chirac impose Abdou Diouf

Le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye devrait aussi penser à la jurisprudence, Abdou Diouf. Pour rappel, le Président Abdoulaye Wade s’était opposé à la candidature de son précédent à l’élection du secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF).

« La candidature d’Abdou Diouf, arrivée seulement quelques mois après l’alternance politique du 19 mars 2000, était un dossier trop sensible dans le contexte sénégalais. Et le Président Wade avait l’impression qu’on voulait lui forcer la main. Diouf, après en avoir discuté avec lui”, avait raconté un proche du Président Wade dans JA/l’Intelligent n°2165 du 8 au 14 juillet 2002.

Quant à Abdou Diouf, il n’avait pas manqué de marquer son étonnement et la volte-face d’Abdoulaye Wade sur sa candidature. Ayant passé par la cage-prison à plusieurs reprises après 26 ans d’opposition, dont 20 ans face à Abdou Diouf, Me Wade en gardait un souvenir américain. Il voyait alors d’un très mauvais œil sa promotion sur le plan international.

Mais c’était sans compter avec l’influence du président de la République française d’alors et non moins, ami de Abdou Diouf, Jacques Chirac.

En réalité, c’est lui, qui impose la candidature de Diouf à Wade qui n’avait d’autre choix que de la valider.

Premier bailleur de fonds de l’OIF, la France avait également soutenu l’ancienne ministre rwandaise des Affaires étrangères pour la porter à la tête de l’institution par consensus. Une nomination qui avait soulevé de vives critiques sur le Rwanda qui privilégiait depuis 2008 l’anglais au détriment de la langue de Molière. N’empêche, Paris avait parrainé la candidature de Louise Mushikiwabo qui a remplacé la canadienne Michaëlle Jean, lâchée par Ottawa et le Québec.

Ces deux jurisprudences devraient aussi servir d’exemple au Sénégal pour éviter un camouflage de trop sur le plan diplomatique.

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