Politique

Privée de pétrole, Cuba répond aux menaces de Donald Trump et annonce se préparer à ce scénario extrême

L’île des Caraïbes traverse une crise énergétique majeure, marquée par des coupures d’électricité à répétition et un sévère blocus pétrolier. Dans ce climat de tension exacerbé par les récentes déclarations de Washington, les autorités cubaines ont officiellement annoncé leurs dispositions à l’égard de leur voisin américain.

Selon des informations rapportées par Al Jazeera, le gouvernement cubain s’est déclaré prêt à toute éventuelle attaque de la part des États-Unis. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Carlos Fernández de Cossio, a réagi dimanche aux menaces proférées cette semaine par Donald Trump, qui a évoqué la possibilité de prendre le contrôle de l’île. Lors de son discours à l’émission Meet the Press de NBC, le diplomate a déclaré que son pays était “historiquement prêt à se mobiliser en tant que nation face à une agression militaire”. Il a déclaré : “Nous ne pensons pas que ce soit probable, mais nous serions naïfs de ne pas nous y préparer.”

De Cossio a également exclu toute négociation sur la nature ou la structure du gouvernement cubain dans le cadre du dialogue engagé ce mois-ci avec Washington, excluant définitivement l’idée d’un changement de régime.

Ces déclarations interviennent au lendemain d’un nouvel effondrement du réseau électrique national, le deuxième en une semaine et le troisième pour le mois de mars. L’Union électrique de Cuba et le ministère de l’Énergie et des Mines ont indiqué que la panne totale était due à l’arrêt inattendu d’une unité de production de la centrale thermique de Nuevitas, dans la province de Camagüey. Dimanche matin, seuls 72 000 abonnés à La Havane, dont cinq hôpitaux, avaient retrouvé le courant, sur une population d’environ deux millions d’habitants.

La situation énergétique est aggravée par le blocus imposé par l’administration américaine. Donald Trump a commencé à bloquer l’approvisionnement en pétrole vers l’île au début de l’année, après l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro, allié de La Havane. Le président américain a également menacé les exportateurs potentiels de droits de douane élevés. Selon le président cubain Miguel Diaz-Canel, le pays, qui ne produit que 40 % de ses besoins en carburant, n’a reçu aucune livraison de fournisseurs étrangers depuis trois mois. Le 16 mars, Donald Trump a intensifié sa rhétorique, affirmant que le leadership cubain était sur le point de s’effondrer et qu’il espérait avoir « l’honneur » de prendre le pays.

Côté américain, le général Francis Donovan, chef du Commandement Sud des États-Unis, a assuré lors d’une audition au Sénat que les troupes ne s’entraînaient pas en vue d’une invasion de l’île. Il a toutefois souligné que l’armée était prête à défendre l’ambassade américaine, la base de Guantanamo, et à gérer une éventuelle migration massive. Parallèlement, selon l’Associated Press citant deux responsables américains, le gouvernement cubain a refusé une demande de l’ambassade américaine à La Havane d’importer du diesel pour ses propres générateurs, en réponse au blocus pétrolier en cours.

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