Société, Culture

Remboursement de 267 milliards FCFA, le verdict est tombé pour l’État du Sénégal

Le Sénégal s’apprête à franchir une échéance financière majeure avec le remboursement, prévu début mars, de plus de 480 millions de dollars (environ 267,12 milliards de FCFA) d’euros d’obligations. Dans un contexte de vulnérabilité budgétaire marqué par un ratio dette/PIB augmentant à 132 % selon le Fonds monétaire international (FMI), cette opération est perçue comme un test déterminant pour la crédibilité financière du pays sur les marchés internationaux.

Longtemps cité comme un exemple de stabilité politique et macroéconomique en Afrique de l’Ouest, le Sénégal évolue aujourd’hui dans un environnement international marqué par la prudence des investisseurs vis-à-vis des économies africaines fortement endettées. Le respect de cette échéance constituerait, pour Dakar, un signal fort en direction des marchés, confirmant sa volonté d’honorer ses engagements extérieurs dans les délais impartis.

Un enjeu de confiance vis-à-vis des marchés

Le remboursement de ces euro-obligations intervient dans un climat de tension budgétaire. Avec un ratio dette/PIB annoncé à 132 %, la question de la soutenabilité de la dette publique est au cœur des débats économiques.

Au-delà du paiement lui-même, les observateurs s’interrogent sur la stratégie globale de financement de l’État. Le recours accumulé au marché régional est-il soutenable à moyen terme ? La progression des recettes fiscales repose-t-elle sur des réformes structurelles durables ou sur des facteurs conjoncturels ? Comment stabiliser, voire réduire, le poids de la dette sans nuire à la croissance économique et au pouvoir d’achat des ménages ?

Ces interrogations structurent les analyses d’experts économiques, dont celles du professeur Abdoulaye Ndiaye, enseignant à l’Université de New York – Stern School of Business, et du Dr Ibrahima Gassama, économiste. Tous deux apportent un éclairage sur les défis budgétaires actuels et les marges de manœuvre de l’État sénégalais dans un contexte international exigeant.

Les assurances des autorités financières

Contactés par L’Observateur, les services du ministère des Finances et du Budget n’ont pas souhaité faire de commentaire officiel sur cette échéance. Toutefois, selon des informations rapportées par Reutersle Sénégal devrait honorer ses engagements d’euro-obligations dans les délais prévus.

Toujours selon Reuters, qui cite deux sources proches du dossier, les autorités sénégalaises auraient mobilisé des ressources suffisantes pour assurer le paiement. Ces fonds proviendront à la fois d’une des recettes fiscales et d’emprunts sur le marché régional.

L’une des sources évoquées indique que les recettes fiscales du premier trimestre devraient être soutenues, notamment grâce à l’impôt sur les sociétés, à l’impôt sur le revenu des personnes physiques, à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ainsi qu’aux recettes issues de la fiscalité sur les dividendes. Ces ressources contribuaient à couvrir une part significative des montants du titre des euro-obligations.

Le financement de ces paiements serait en phase de finalisation, avec l’objectif affiché de respecter l’échéance de mars.

Si le règlement à temps de cette dette renforcerait l’image du Sénégal en tant qu’émetteur fiable sur les marchés internationaux, il ne dissiperait pas pour autant l’ensemble des interrogations sur la trajectoire budgétaire du pays.

Le niveau élevé du ratio dette/PIB soulève la question de l’équilibre pour trouver entre consolidation budgétaire et soutien à l’activité économique. Une réduction trop rapide des dépenses publiques pourrait freiner la croissance, tandis qu’un endettement supplémentaire pourrait accentuer les vulnérabilités financières.

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