Société, Culture

Révélations sur le scandale qui ébranle le Tribunal de Mbour

Un scandale financier secoue actuellement l’appareil judiciaire dans la ville de Mbour. Un agent pénitentiaire, identifié sous les initiales N. Ndao, affecté au bureau d’enrôlement du Tribunal de grande instance de Mbour et ancien secrétaire du procureur de la République, est poursuivi pour détournement de fonds. Selon les éléments présentés devant la juridiction, le montant du préjudice s’élèverait à 11,5 millions de francs CFA, prélevés dans les caisses du tribunal entre 2024 et le début de l’année 2026.

L’affaire, qui a suscité une vive émotion dans les milieux judiciaires et parmi les justiciables, a rencontré en cause un agent qui occupait un poste sensible lui donnant accès aux fonds consignés par les citoyens dans le cadre de procédures judiciaires. Les sommes concernées provenaient notamment de consignations destinées à des libertés provisoires, mais également d’obtenir de l’argent placé sous scellé appartenant à certaines détenues.

L’origine du scandale remonte au mois de janvier 2026. Une dame, identifiée comme P. Guèye, découvre avec stupéfaction qu’un membre de sa famille, pourtant censé bénéficier d’une liberté provisoire, est de nouveau incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction de Mbour. La situation lui paraît d’autant plus incompréhensible que la famille avait versé plus de 3 millions de francs CFA auprès du secrétariat du parquet judiciaire afin d’obtenir cette mesure.

Selon les règles en vigueur, cette consignation devait permettre d’éviter l’incarcération de la personne concernée. Cependant, les recherches effectuées au sein du tribunal révèlent que la somme versée est introuvable. Face à cette situation, la famille alerte les autorités judiciaires et saisit la direction du tribunal afin d’obtenir des explications.

Dans le même temps, d’autres familles se manifestent et signalent des situations similaires. Plusieurs justiciables affirment avoir versé des montants importants auprès du même agent, tout en disposant de décharges officielles attestant des paiements effectués.

Une enquête interne qui révèle un trou financier

Devant la multiplication des plaintes, les autorités judiciaires ouvrent une enquête interne afin de vérifier la gestion des fonds au sein du tribunal. Certains justiciables saisissent également la Brigade de recherches de Saly Portudal pour signaler la disparition de leurs consignations.

Les premières vérifications comptables font apparaître un déficit initial évalué à 3 millions de francs CFA. En tant que responsable de la gestion de ces fonds au moment des faits, N. Ndao est impliqué par les enquêteurs.

Lors de son audition, il reconnaît avoir prélevé frauduleusement l’argent appartenant aux justiciables. Au fil des investigations, l’ampleur du détournement se précise. Les enquêteurs découvrent que le montant total soustrait aux caisses du tribunal s’élèverait finalement à 11,5 millions de francs CFA, couvrant une période allant de 2024 à début 2026.

Les enquêtes révèlent également que l’agent mis en cause aurait pu puisé dans d’autres fonds conservés au tribunal. Il reconnaît notamment avoir retiré 506 000 francs CFA appartenant à un détenu, somme placé sous scellé judiciaire avec un téléphone portable.

Ces révélations ont accentué l’indignation autour de cette affaire, certains observateurs estimant que la confiance placée dans les institutions judiciaires a été gravement entamée par ces agissements.

À la suite de l’enquête menée par la brigade de recherches, N. Ndao est arrêté le 2 février puis placé en garde à vue avant d’être déféré devant le parquet. Il est ensuite placé sous mandat de dépôt à la prison de Mbour en attendant son jugement.

Lors de sa comparaison devant la juridiction, l’agent pénitentiaire reconnaît les faits qui lui sont reprochés. Visiblement embarrassé, il explique avoir agi en raison de difficultés personnelles rencontrées au cours de l’année 2024. Il affirme toutefois avoir eu l’intention de rembourser les sommes détournées.

Le procureur de la République, estimant que les faits sont établis, a requis une peine de deux ans d’emprisonnement ferme contre le prévenu. À l’issue de l’audience, le tribunal a décidé de mettre l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 17 mars. En attendant cette décision, l’ancien secrétaire du procureur reste incarcéré à la prison de Mbour.

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