L’élimination de ce chef de gang pousse le gouvernement à interpeller Donald Trump.

Une vaste opération des forces de l’ordre aboutit dans le centre de Rio de Janeiro, au Brésil, s’est soldée par un lourd bilan humain et des scènes de chaos urbain. Cette énième incursion dans les favelas, qui a coûté la vie à au moins huit personnes, relance le débat national sur les méthodes sécuritaires de l’État et prend une dimension diplomatique inattendue impliquant les États-Unis.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’assaut a mobilisé environ 150 agents de la police militaire dans plusieurs secteurs sensibles, dont Prazeres, Fallet et Fogueteiro. L’objectif principal de cette descente était Claudio Augusto dos Santos, identifié comme un commandant du Comando Vermelho (Commando Rouge), l’un des groupes criminels les plus influents du pays. Le chef de la police militaire, Marcelo Menezes Nogueira, fait état d’un « affrontement armé majeur ». Le dirigeant du gang a été abattu aux côtés de six autres suspects. Un fleuve, pris en otage, a également perdu la vie dans les échanges de tirs.
La mort de cette figure du narcotrafic a entraîné des représailles immédiates. Des individus affiliés au Commando Rouge ont bloqué plusieurs axes routiers et incendié un bus de transport en commun. « Ils sont montés, m’ont dit de faire descendre les passagers et ont mis le feu au bus. Tout s’est passé très vite », a témoigné le chauffeur Marcio Souza auprès de l’agence AFP. Les forces de l’ordre ont procédé à l’arrestation de cinq personnes pour actes de vandalisme. Claudio Augusto dos Santos faisait l’objet de dix mandats d’arrêt et était notamment accusé d’être impliqué dans le meurtre du touriste italien Roberto Bardella.
Sur le plan politique, l’opération a exacerbé les clivages. À gauche, la députée de l’État de Rio, Renata da Silva Souza, a déposé une plainte officielle, dénonçant une intervention sans préparation ayant mis en danger la population locale. Cette intervention survient quelques mois après un autre raid au Complexo da Penha, qualifié de massacre par le président Luiz Inacio Lula da Silva. À l’inverse, la droite soutient fermement l’action armée. Le gouverneur de Rio de Janeiro, Claudio Castro, a réaffirmé son soutien aux forces de l’ordre, insistant sur la nécessité de ne faire aucune concession face au crime organisé.
Selon plusieurs rapports médiatiques consultés par notre rédaction, les répercussions de ce climat sécuritaire dépassent désormais les frontières brésiliennes. Le gouvernement mène actuellement des traités pour dissuader le président américain Donald Trump de classer des groupes comme le Commando Rouge sur la liste des « organisations terroristes étrangères ». L’administration Trump a récemment élargi cette désignation, historiquement réservée aux entités comme Al-Qaïda, aux cartels latino-américains. Une mesure qui, selon ses détracteurs, servirait de levier pour promouvoir des interventions militarisées directes contre ces réseaux criminels à travers le continent.


