Politique

Sangalkam – conflit autour d’un terrain de deux hectares à Keur Daouda Sarr : une affaire de double vente ravive les tensions foncières

XALIMANEWS : (Sud Quotidien) : Un nouveau scandale foncier secoue la commune de Sangalkam. Cette fois, c’est le maire qui est directement accusé par le collectif des repreneurs d’un terrain de plus d’hectares, situé à Keur Daouda Sarr. Ces derniers pointent du doigt le maire, qu’ils accusent d’être impliqué dans une prétendue affaire de double vente. Ils ont tenu un point presse sur le site, pour dénoncer une « tentative de vol de terrain sur fond de doubles ventes ».

Ce sont 39 chefs de famille qui affirment avoir régulièrement acquis des terrains à usage d’habitation auprès d’un président du groupe des transporteurs, agissant selon eux au nom de ses pairs. “Composé de trente-neuf (39) citoyens représentant autant de familles, le Collectif a acquis, en toute légalité, un terrain d’environ deux (2) hectares pour un montant de quatre-vingts millions (80 000 000) de francs CFA. Cette acquisition a été réalisée auprès du Collectif des Chauffeurs de Ngor-Ouakam-Yoff après toutes les vérifications requises auprès des services compétents (mairie, cadastre, urbanisme), garantissant la régularité du titre de propriété et l’absence de contestation”, a indiqué Moussa Diop, porte-parole du collectif, composé notamment de travailleurs du groupe d’édition du quotidien national Le Soleil. Le vendeur n’était autre que le président de l’association des chauffeurs de l’époque.

Après cette acquisition, les membres de la coopérative affirment avoir payé tous les droits et formalités nécessaires à l’enregistrement du titre auprès des services des impôts et de la propriété pour un montant de 8 millions de francs CFA. Mais, quelques mois plus tard, ils disent avoir découvert avec étonnement l’occupation du site par des tiers qui avaient commencé les travaux. Selon eux, le maire est à l’origine de cette situation, en proposant un prix plus élevé aux transporteurs, à travers une société immobilière dirigée par son frère.

“Malgré ces précautions, les membres du Collectif ont découvert, avec indignation, l’occupation de leur terrain par des tiers affirmant l’avoir acheté auprès du maire de Sangalkam lui-même. Plus grave encore, il ressort de plusieurs déclarations que le maire aurait revendiqué l’acquisition du terrain postérieurement à celle du Collectif, par l’intermédiaire d’une société immobilière gérée par son frère, en proposant un montant plus élevé, malgré l’existence d’un titre unique déjà établi”, a ajouté M. Diop. Les plaignants voient dans cette situation « une tentative de vol de terrain, fondée sur une prétendue double vente impliquant plusieurs acteurs, dont le vendeur initial et des intermédiaires »

Dans ce contexte, le collectif a contacté la Direction de Surveillance et de Contrôle de l’Aménagement du Territoire (DSCOS), qui a ordonné l’arrêt des travaux et procédé à des arrestations. Mais ces injonctions officielles, concrétisées sur le terrain, seront ouvertement ignorées, les travaux se poursuivant, au grand désarroi des acheteurs. Ces derniers expriment “leur profonde préoccupation face à ces agissements et condamnent toute tentative d’instrumentalisation de l’autorité politique. Des propos attribués au maire, évoquant sa proximité avec le pouvoir, renforcent le sentiment d’injustice et d’impunité” rapportent Moussa Diop et ses camarades d’infortune.

Ils rappellent avoir porté plainte il y a deux ans, sans évolution significative dans l’affaire, même si une personne, celle qui leur aurait vendu les parcelles au nom du groupe, a été arrêtée. Refusant « d’être victimes d’un système où la loi est contournée au profit d’intérêts particuliers », les membres du collectif en appellent aux autorités. Ils exigent « l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante, exigent l’arrêt définitif de toute activité sur le site litigieux, réclament la protection des droits des trente-neuf familles blessées et appellent le gouvernement à faire respecter l’autorité de l’État et l’État de droit ». En attendant, le collectif se réserve le droit d’engager toutes les actions judiciaires nécessaires à la défense de ses intérêts, tout en réaffirmant sa confiance dans les institutions de la République.

Sud Quotidien

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