Scandales sexuels , Célébrités, étudiants et prédateurs : comment la justice a lancé une vaste opération contre plusieurs réseaux…82 mandats de dépôt

L’onde de choc judiciaire ne cesse de s’amplifier au Sénégal. Selon les révélations du quotidien Libération, plusieurs affaires mêlant réseaux clandestins, proxénétisme, pratiques sexuelles illicites et crimes connexes ont conduit à une vague d’arrestations sans précédent. Au total, six informations judiciaires distinctes ont déjà abouti à 82 mandats de dépôt, illustrant l’ampleur d’un phénomène qui implique aussi bien des anonymes que des personnalités connues.
Une affaire tentaculaire impliquant des célébrités et des influenceurs
D’après Libération, le dossier le plus explosif reste celui impliquant l’animateur Pape Cheikh Diallo et plusieurs figures médiatiques ou enjeux des réseaux sociaux. L’enquête, menée depuis février par la Brigade de recherches de Keur Massar, a déjà conduit à 40 arrestations et 39 mandats de dépôt.
Parmi les personnes citées dans ce dossier figurent notamment le chanteur Djibril Dramé, mais aussi des figures connues du web comme Saliou Mbaye alias Zale, Abdoul Diop dit « Dabakh » ou encore le tailleur Mansour Baldé.
Les deux dernières interpellations, effectuées entre Thiès et Dakar, ont conduit à l’incarcération des suspects par le juge du premier cabinet du tribunal de Pikine-Guédiawaye. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, actes contre nature, transmission volontaire du VIH, blanchiment de capitaux et trafic de drogue.
Toujours selon Libération, les révélations de l’étudiant Saliou Diallo pourraient provoquer une nouvelle vague d’arrestations. Confronté aux éléments techniques réunis par les enquêteurs, il aurait reconnu avoir entretenu plusieurs relations sexuelles rémunérées avec certains suspects déjà incarcérés, tout en citant d’autres partenaires désormais dans le viseur des gendarmes.
L’affaire Ouzin Keita : quinze nouveaux mandats de dépôt
Parallèlement, une autre procédure a été ouverte après l’arrestation du chanteur Ousseynou Keita dit Ouzin, interpellé dans un appartement à Ouest-Foire avec plusieurs autres personnes.
Le doyen des juges a délivré 15 mandats de dépôt visant notamment Ouzin Keita (39 ans) ainsi que plusieurs jeunes suspects âgés pour la plupart entre 19 et 25 ans. Certains d’entre eux utilisaient de fausses identités pour dissimuler leur véritable identité.
Les inculpations sont lourdes : association de malfaiteurs, proxénétisme, actes contre nature, chantage à caractère sexuel et escroquerie. Dans son réquisitoire introductif, le parquet a également visé X, laissant présager l’élargissement de l’enquête à d’autres personnes encore inconnues.
Le dossier explosif du Français Pierre Robert
Un autre dossier majeur, confié au juge du premier cabinet du tribunal de Dakar, concerne le Français Pierre Robert, décrit comme un prédateur dans l’enquête révélée par Libération.
Cette affaire porte sur un réseau surnommé celui des « formateurs au sexe ». À la suite de l’exécution d’une commission rogatoire française et d’une opération menée par la Division des enquêtes criminelles (Dic), plusieurs suspects ont été arrêtés.
Parmi eux figurent trois individus présentés comme des « formateurs », ainsi que plusieurs autres complices présumés. Tous ont été placés sous mandat de dépôt pour une série d’accusations extrêmement graves :
•association de malfaiteurs,
•traite d’êtres humains en bande organisée,
•proxénétisme organisé,
•transmission volontaire du VIH/Sida,
•viole sur mineurs,
•pédophilie,
•actes contre nature,
•détention et usage de drogue.
Des rencontres sexuelles organisées via WhatsApp
Une autre procédure concerne l’étudiant Omar Sall et le restaurateur Stéphane Gabriel Preira, actuellement en détention provisoire. Les enquêteurs de la Brigade de recherches de Dakar soupçonnent l’existence d’un réseau structuré organisant des rencontres sexuelles via des applications comme WhatsApp.
Selon Libération, Omar Sall aurait même évoqué une « célèbre journaliste rencontrée fortuitement au Plateau », sans toutefois révéler son identité, alimentant ainsi les spéculations autour de cette affaire.
Saint-Louis également secouée par les arrestations
La vague d’arrestations ne se limite pas à Dakar. À Saint-Louis, une enquête similaire est en cours devant le premier cabinet d’instruction.
Dans un premier temps, plusieurs suspects ont été incarcérés après leurs auditions. Mais l’enquête ne s’est pas arrêtée là. Les gendarmes de la Section de recherches (Sr) et de la Brigade de recherches de Saint-Louis ont ensuite procédé à de nouvelles arrestations, élargissant le filet judiciaire.
Selon Libération, l’ensemble des personnes interpellées ont été placés sous mandat de dépôt, tandis que les enquêtes se poursuivent afin d’identifier d’éventuels autres membres de ces réseaux.
Une justice détermine à démanteler les réseaux
Au total, ces différentes procédures illustrent l’ampleur d’un phénomène tentaculaire impliquant plusieurs villes du pays et des profils très variés : étudiants, artistes, restaurateurs, influenceurs ou encore étrangers.
Avec 82 mandats de dépôt déjà délivrés, les autorités judiciaires semblent déterminées à démanteler ces réseaux et poursuivre les enquêtes, alors que d’autres arrestations pourraient encore intervenir dans les semaines à venir.



