SONACOS franchit le cap des 205 000 tonnes

Moins de trois mois après le lancement de la campagne marketing, la Sonacos a déjà collecté plus de 205 000 tonnes d’arachides, un volume jamais vu depuis 20 ans. Ce résultat répond, sur le terrain, à la consigne du gouvernement d’augmenter les achats pour soulager les producteurs.
Mais des tensions ont marqué le début de la campagne, attisées par des appels à l’exportation qui se sont, pour l’instant, révélés infructueux. ” Hier, vendredi 6 mars, nous avions collecté plus de 205 000 tonnes », a révélé le directeur général de la Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (Sonacos). El Hadji Ndane Diagne était l’invité de l’émission « Le Ndogou » de la Convention des Jeunes Reporters du Sénégal (Cjrs), samedi 7 mars 2026. Il a souligné que ce chiffre constitue « le bilan des collections des 20 dernières années “. A titre de comparaison, le précédent pic s’élevait, selon lui, à 204.000 tonnes en 2011, bien devant les 122.000 tonnes de 2019.
Ce bond spectaculaire répond, en effet, à une injonction claire du Premier ministre, soucieux d’amortir le choc de la surproduction. Initialement, la Sonacos avait calibré son objectif à 200 000 tonnes, en fonction de ses propres prévisions et contraintes budgétaires. ” Pour soulager les producteurs, le Premier ministre a demandé de monter à 450 000 tonnes », explique le PDG de Sonacos, rappelant que la campagne qui s’étend jusqu’à fin avril, est encore loin d’être achevée, notamment dans les centres et le sud du pays.
Derrière cette performance, M. Diagne insiste sur la fiabilité des outils de prévision utilisés par la société nationale. Outre les données officielles de la Direction de l’analyse, de la prévision et des statistiques agricoles (Dapsaa), la Sonacos s’appuie également sur des images satellites et des partenariats techniques établis.
Sur un autre plan, El Hadji Ndane Diagne souligne cependant la réalité d’un marché mondial atone : pour être compétitifs, les exportateurs potentiels devraient proposer aux producteurs un prix d’achat bien inférieur au taux garanti par l’État. ” La meilleure façon d’exporter est d’acheter des cacahuètes à un prix bien inférieur au prix fixé. », résume-t-il, dissipant ainsi l’illusion d’une rentabilité facile.
Ce passage permet, en effet, au dirigeant de souligner l’effort consenti par les pouvoirs publics pour préserver les revenus des agriculteurs, dans un contexte de prix mondiaux déprimés. Une piqûre à peine voilée contre ceux qui, selon lui, tentent d’exploiter la cause paysanne à des fins spéculatives.
Au-delà de l’urgence de la campagne, le PDG de Sonacos entend s’inscrire dans la durée. Les réformes, a-t-il insisté, n’en sont plus au stade de la planification ; ils sont engagés. Leur premier pilier, a ajouté M. Diagne, est la nouvelle gouvernance, « basé sur l’éthique, la performance et le sens des responsabilités “. Mais c’est du côté industriel que l’ambition est la plus tangible. L’Etat a débloqué, entre autres, une enveloppe de 25 milliards FCfa pour le renouvellement des infrastructures de la Sonacos. Des appels d’offres ont été lancés, les offres analysées et les fournisseurs présélectionnés, selon des critères stricts de qualité et d’adéquation aux objectifs stratégiques.
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