Un écolier de 13 ans poignarde son professeur de français et retransmet l’attaque en direct sur Telegram

Héliportée dans un état grave, Chiara M., 57 ans, a été admise aux soins intensifs et ses jours ne sont plus en danger, assure la chaîne publique italienne Rai News.
Il s’est senti humilié et a obtenu sa vendetta (« vengeance » en italien) : un adolescent de 13 ans a poignardé mercredi son professeur de français dans un collège de la province de Bergame. Un acte filmé et diffusé en direct sur la plateforme Telegram. Une vidéo d’une minute et 53 secondes, visionnée par certains médias italiens mais non diffusée, montre l’attaque. On voit l’individu poignarder l’enseignante à deux reprises : la première au cou, après l’avoir surprise dans le dos, la seconde au ventre, avant d’être maîtrisé par un autre enseignant.
Héliportée dans un état grave, cette dernière a pu être transfusée avant d’arriver à l’hôpital, ce qui “a certainement contribué à lui sauver la vie car elle a subi des blessures graves et a perdu beaucoup de sang”, selon Guido Bertolaso, conseiller régional chargé des affaires sociales en Lombardie. Elle a été admise aux soins intensifs et ses jours ne sont plus en danger, assure la chaîne publique italienne Rai News.
Ego surdimensionné, rejet des règles et normes sociales… À partir de ses publications sur Telegram, des collègues italiens ont tenté de dresser le profil psychologique de l’intéressé. Il se décrit comme supérieur à ses camarades et se présente comme un « soldat » luttant pour ses droits. Il aurait d’ailleurs choisi délibérément ses vêtements pour affirmer cette posture. De plus, il considère les règles comme des contraintes et affiche un rejet des normes sociales.
Placé dans un centre d’accueil pour mineurs
L’accusé estime également que Chiara M., 57 ans, l’avait « délibérément humilié ». Des déclarations corroborées par une lettre qu’il avait également publiée sur un groupe Telegram avant de passer à l’action. Il décrit une vie « pleine d’injustice et de manque de respect » et explique avoir décidé de « prendre la situation en main ». Une litanie de raisons futiles a également été évoquée par la presse transalpine : une note en deçà de ce qu’il estimait mériter, un combat au cours duquel l’enseignante aurait pris la défense de sa camarade et non la sienne…
Dans ce groupe Telegram figurent également des photos d’un t-shirt blanc portant l’inscription manuscrite « Vendetta », que le garçon aurait porté au moment des faits, ainsi que des armes (couteaux et faux pistolet) retrouvées dans son sac à dos. Chez lui, les autorités ont découvert du matériel explosif à assembler, grâce aux instructions de sa mère. Dans cette même lettre, l’étudiant évoque également son intérêt pour la chimie et son envie de fabriquer des substances explosives. Selon d’autres publications, il aurait même envisagé des attaques, sans les réaliser.
Bien que l’authenticité de ce contenu ne soit pas confirmée pour le moment, l’enquête se poursuit. Non-responsable pénalement, le collégien de 13 ans a été placé dans un centre d’accueil pour mineurs. Sur X, le vice-président du conseil italien Matteo Salvini a réagi : “Un enfant. C’est bouleversant. Avançons les nouvelles mesures que nous avons voulues pour lutter contre la possession et l’usage de couteaux dans les écoles et partout ailleurs.”


