Un élève accuse son professeur de violes répétées à Thiès

Thiès, 24 février – La Cour d’appel de Thiès a examiné ce mardi le dossier de PC Sall, un professeur d’éducation physique et sportive (EPS) de 43 ans, poursuivi pour des violences sexuelles présumées sur un ancien élève mineur. Les faits reprochés se dérouleraient en 2020 à Mbour, alors que la victime présumée, A. Kane, était âgée de 13 ans, rapporte Seneweb
En première instance, devant la Chambre criminelle du tribunal de grande instance de Mbour en 2024, PC Sall avait été relaxé pour le chef de viol. Cependant, reconnu coupable de pédophilie et d’actes contre nature, il avait été condamné à 10 ans de réclusion criminelle et au versement de cinq millions F CFA de dommages et intérêts à la partie civile. La défense a fait appel de cette décision.
Le récit de la victime présumée
À la barre, A. Kane, aujourd’hui lycéen en classe de terminale, a réitéré ses accusations. Il a décrit la manière dont son professeur aurait établi le contact : « Il m’a demandé mon numéro de téléphone ». Ne possédant pas de téléphone personnel à l’époque, le collégien avait fourni les numéros de ses parents.
Selon son témoignage, l’enseignant l’a ensuite convié à son domicile sous prétexte d’une fête organisée pour ses élèves. Il a relaté la suite des événements :
« Quand je suis arrivé, il m’a reçu dans la chambre de son ami Talla Fall. Je lui ai demandé où étaient mes camarades, il m’a répondu qu’ils étaient en route. Il a commencé à me caresser, puis m’a proposé des rapports sexuels. J’ai voulu refuser et il m’a jeté dans le lit avant de me déshabiller. Il a ensuite retiré son pantalon pour me pénétrer. Il a satisfait sa libido avant de me laisser partir. »
A. Kane a affirmé avoir ressenti des douleurs au ventre après les faits. Il a également indiqué que l’enseignant l’avait contacté immédiatement après pour lui imposer le silence. Les sollicitations auraient continué : « Il continuait de m’appeler et de m’envoyer des messages sur WhatsApp, et m’invitait encore chez lui pour des rapports sexuels. Il a entretenu des actes contre nature avec moi à quatre reprises. Ensuite, il menaçait de réduire mes notes en cas de dénonciation à mes parents. »
Le déclenchement de l’affaire
La mère de l’adolescent a expliqué comment les faits ont été découverts. C’est la sœur du garçon qui a trouvé des messages troublants sur le téléphone familial.
« À découvert dans mon téléphone des messages d’amour et des messages obscènes qu’on lui envoyait. Il avait enregistré le numéro en question sous le nom de ‘Mon Papa’. On a constaté aussi que ce même numéro était souvent appelé sur le téléphone de son père. Lorsqu’on l’a pressé de questions, il a fini par révéler que ce numéro appartient à son professeur Pape Ciré Sall. »
La position de l’accusé
PC Sall a maintenu sa version des faits, niant formellement les allégations. Il a déclaré que l’élève n’avait jamais pénétré dans sa chambre et qu’il ne lui avait prévu aucun message ou appel téléphonique.
Son dossier comporte toutefois d’autres éléments. Selon les informations rapportées, A. Kane ne serait pas le seul à l’accusateur. Un jeune tailleur de 16 ans, Dominique, avait également déclaré l’enseignant pour des faits similaires, mais cette affaire n’aurait pas eu de suite.
Lors de l’enquête préliminaire, M. Sall avait tenu des propositions rapportées par les gendarmes, car un marabout lui aurait conseillé des relations homosexuelles pour remédier à des problèmes d’infertilité. De plus, l’analyse de son téléphone portable par les enquêteurs a permis de découvrir huit vidéos à caractère pornographique montrant des relations sexuelles entre hommes.
Les réquisitions et les plaidoiries
La défense de PC Sall a plaidé pour l’infirmation du jugement de première instance, arguant de l’absence de preuves matérielles. Pour ses avocats, le dossier repose uniquement sur la parole de la victime présumée face aux dénonciations constantes de leur client.
À l’inverse, les avocats de la partie civile ont estimé que les débats ont suffisamment établi la culpabilité de l’accusé et ont demandé à la cour de confirmer la lourde peine prononcée en 2024.
Le représentant du ministère public a partagé cet avis, affirmant sa conviction que l’enseignant a bien commis des actes contre nature sur son élève, sur lequel il avait une autorité. Considérant les preuves suffisantes, l’avocat général a requis la confirmation du jugement.
La Cour d’appel a mis sa décision en délibéré. Le jugement sera rendu le 24 mars 2026.



