Société, Culture

Un financement de 158 milliards de FCFA pour l’usine de dessalement des Mamelles

Une délégation gouvernementale composée des ministres en charge de l’Hydraulique, de la Santé et des Pêches a effectué une visite conjointe hier, jeudi 12 mars 2026, sur le site de l’usine de dessalement d’eau de mer des Mamelles à Dakar. Cette mission s’inscrit dans une démarche de synergie gouvernementale autour d’un projet jugé stratégique pour l’approvisionnement en eau potable et la préservation de la santé publique.

Évalué à 158 milliards de FCFA, ce vaste projet bénéficie d’un financement majeur du Japon, qui a mobilisé près de 132 milliards de nos francs dans le cadre de la coopération bilatérale avec le Sénégal. Une visite placée sous le signe de la synergie gouvernementale et de l’acceptabilité sociale, avec l’inauguration prochaine d’infrastructures clés pour les populations.

Au cours de cette visite organisée par la Société Nationale des Eaux du Sénégal (SONES), les membres du gouvernement ont pu s’imprégner de l’état d’avancement des installations techniques de cette infrastructure destinée à renforcer durablement l’approvisionnement en eau de la capitale. L’usine de dessalement des Mamelles constitue, selon les autorités, une réponse structurante aux défis liés à la croissance démographique et à la pression croissante sur les ressources hydriques. Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, accompagné de son collègue de la Santé et de l’Hygiène publique, le Dr Ibrahima Sy, et de la ministre des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires, Fatou Diouf, sont venus constater l’état d’avancement des travaux, mais surtout, inaugurent symboliquement les mesures d’accompagnement social destinées à la communauté.

UN PROJET “NOVATEUR ET COURAGEUX” BIENTÔT LIVRÉ

Premier du genre au Sénégal, le projet de dessalement des Mamelles affiche un taux de réalisation proche de 98 %. Pour le ministre Cheikh Tidiane Dièye, cette visite fut l’occasion de mesurer le chemin parcouru. « J’ai pu constater que l’essentiel est en train d’être fait, avec une infrastructure de grande qualité, massive, avec des technologies de pointe », s’est-il félicité.

Au-delà de l’ouvrage technique, qui produit 50 000 m³ d’eau potable par jour dans un premier temps, le ministre a insisté sur la vision globale du projet. « Il fallait aussi une composante importante d’accompagnement social. Ce projet est amené dans une communauté pour qu’elle se l’approprie, il faut aussi lui rendre quelque chose », at-il expliqué. Un engagement qui s’est concrétisé sous les yeux des visiteurs avec la réhabilitation complète du centre de santé de Ouakam et la construction d’une usine à glace dédiée aux pêcheurs.

OUAKAM DOTE D’UN CENTRE DE SANTE DE “DERNIERE GENERATION”

Entièrement reconstruit et modernisé par la SONES dans le cadre de ce projet, le centre de santé de Ouakam a suscité l’admiration du Dr Ibrahima Sy. Le ministre de la Santé ya vu bien plus qu’une simple compensation : c’est un véritable levier pour l’offre de soins dans une zone jusqu’ici enclavée.

« J’ai plusieurs motifs d’être satisfait », at-il déclaré. « Ce projet rentre dans le cadre du développement du capital humain et de l’équité sociale. Ce centre va permettre d’offrir des soins de qualité. » Le ministre a détaillé le niveau d’ambition pour cet établissement, qualifié de « niveau 3 », qui deviendra un centre de référence. Bloc opératoire, cabinet dentaire, pédiatrie, gynécologie. « Ce ne sera pas un hôpital, mais cela va considérablement diminuer les évacuations vers les hôpitaux », a-t-il promis. Les équipements médicaux de pointe sont déjà commandés, et le recrutement du nouveau personnel est en cours. Le Dr Sy a fixé un cap clair : « L’objectif, c’est qu’à partir du mois de juin, le centre de santé puisse être fonctionnel. »

735 MILLIONS FCFA POUR LA PÊCHE À OUAKAM

La dimension sociale du projet ne pouvait ignorer l’identité même de Ouakam : un village de pêcheurs. La ministre Fatou Diouf est venue apporter des garanties et mettre en lumière les retombées concrètes pour le secteur. « Pour que ce projet soit approuvé par les communautés, il fallait trouver une synergie d’action. Aujourd’hui, on a démontré que la cohabitation entre la pêche et l’usine de dessalement est possible », a-t-elle affirmé. Parmi les réalisations phares, la délégation a visité une usine à glace d’une capacité de 10 tonnes par jour, destinée à améliorer la conservation du poisson. À cela s’ajoutent des tricycles isothermes pour la logistique, et un projet d’implantation de récifs artificiels pour régénérer la ressource.

La ministre a tenu à chiffrer l’effort consenti : entre les mesures d’accompagnement du ministère de l’Hydraulique (300 millions FCFA) et le projet de réhabilitation du quai de pêche de Ouakam porté par son département (435 millions FCFA), « pas moins de 735 millions FCFA vont être injectés au profit de la communauté de pêche de Ouakam ». Un investissement important qui, selon elle, transformera durablement les conditions de travail et de conservation des produits halieutiques, avec un accent particulier sur le respect des normes sanitaires.

Tous trois ont salué l’engagement de la SONES et de ses partenaires techniques et financiers, notamment le Japon, dont le financement de 137 milliards de FCFA a été déterminant. Mais c’est vers les populations que les ministres ont tourné leurs derniers mots. « J’en appelle à tous les acteurs de la pêche de soutenir ce projet, d’en être les boucliers », a lancé Mme Diouf. Un appel relayé par Cheikh Tidiane Dièye, convaincu que cette infrastructure fera désormais figure de modèle : « Nous, Sénégalais, allions visiter de tels ouvrages dans d’autres pays. Très bientôt, d’autres viendront ici pour visiter celui-ci. » Un message de fierté et d’appropriation pour une communauté qui voit naître sur ses terres un projet aussi ambitieux pour l’avenir de Dakar.

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