Un match de foot se gagne sur le terrain !

Nous avions fini de digérer la victoire de l’équipe nationale du Sénégal à la Coupe Africaine des Nations 2026. Repus d’émotions et de joies, nous avions tourné la page des controverses nocives et subissions, avec foi et philosophie, le traitement judiciaire disproportionné de l’affaire des jeunes supporters sénégalais… Des frères se pardonnent tout… Même et surtout l’impardonnable !
Par-dessus tout, et durant ce mois béni de Ramadan et de Carême conjugués, nos prières ardentes et sincères montaient vers le ciel pour implorer l’infusion de la Paix dans les cœurs et les esprits. Les nations, sénégalaise et marocaine, sont si imbriquées au plan spirituel, social et familial que la parenthèse, suffisamment douloureuse, des échauffourées à l’occasion de la finale, était à refermer le plus vite possible ! Toutes les bonnes volontés des deux pays étaient, et resteront à pied d’œuvre sur ce devant de la Raison et de la Fraternité !
Il est dès lors, pour le moins étrange, que la CAF (Confédération Africaine de football) aie pris deux mois pour prendre la décision de raviver les tensions et de rouvrir une plaie en cours de cicatrisation… Cette décision dont les conséquences pourraient être telluriques et corrosives sur les relations construites durant des siècles entre deux nations qui ont tant de valeurs en partage, restera dans les annales de l’Histoire comme une tache honteuse sur la trajectoire de ceux qui l’ont prise. Enfermés dans des hôtels 5 étoiles aux frais des contribuables, ces fonctionnaires du sport viennent de piétiner, allègrement, des siècles de partage spirituel et familial, des années d’affinités, diplomatiques et politiques, sur fond d’enjeux économiques inestimables ! Cette légèreté frise l’irresponsabilité !
En effet, lorsque l’on essaie de prendre la mesure des risques de dérapages qui seraient consécutifs à des émotions mal contrôlées sur fond d’une colère sourde, mais contenue, de plusieurs franges des populations, sénégalaise et marocaine, on se dit que les dirigeants de la CAF sont bien inconscients des dangers que leur décision pourrait provoquer ! Pour rester dans le registre du dictionnaire…
Comme c’est étrange ! Plus de deux mois après qu’ils aient eux-mêmes remis la Coupe d’Afrique à notre vaillante équipe, par quel subterfuge croire-ils pouvoir la leur reprendre ? Car la coupe est déjà gravée dans nos cœurs, dans nos mémoires. Rien ne pourra effacer le bonheur éprouvé. Tout au plus pourront-ils récupérer un objet…inerte. Quant à nous, nous garderons vives la talonnade inspirée de Sadio Mane, la course conquérante de Pape Gueye et ce tir au bout dont fils mais magistral ! Ce film là est impossible à effacer… Nous garderons intactes les processions de joie, le bonheur de notre peuple et la joie du Continent africain et de la Diaspora qui ont vibré à l’unisson… Des moments inoubliables qu’un « décision » qui ne suscite même pas la joie des hauts responsables du football marocain, ne saurait altérer… Bien au contraire, cette « décision » va renforcer le sentiment d’une victoire largement méritée…sur le terrain ! Et là, en dépit d’un arbitrage scabreux, d’un service d’ordre tendancieux, d’un environnement périlleux, les liens du Sénégal ont rugi et triomphé !
Nous dirons donc : « BOF ! »… à toutes ce qui s’en suivra… Ne rentrons surtout pas dans le jeu des procédures judiciaires, coûteuses et interminables, qui vont ajouter au stress et à la colère, et nourrir les rapaces de tout poil qui vivent du sport et de ses opportunités…
Rendez-vous à la prochaine Coupe du monde de football, sur le terrain, seul lieu de légitimation d’une victoire au prix de la sueur de Jambar ! Tout le reste n’est que combat d’arrière-garde de forces obscures bien éloignées des terrains de foot…dit-on…
Et puis…bof !
Baba
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