Un ouvrage collectif aborde la problématique de la garde d’enfants pour la classe moyenne féminine

Un ouvrage collectif coordonné par l’économiste, François Joseph Cabral, coordonnateur du Projet de l’Université du Sénégal Oriental (USO), aborde la problématique de la garde d’enfants pour la classe moyenne féminine au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Bénin.
L’ouvrage de 259 pages, paru aux éditions Presses Universitaire de Dakar (PUD), est intitulé « La contrainte de garde d’enfants, un frein à l’essor de la classe moyenne féminine dans l’espace Uemoa : Cas du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et du Bénin ».
Cette publication divisée en sept chapitres analyse « la dynamique de la classe moyenne féminine au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Bénin, en se focalisant sur un levier critique de leur accès et maintien sur le marché du travail : la garde d’enfants », selon une note de presse transmise l’APS.
La même source souligne que « depuis le début des années 2000, le regain de croissance économique en Afrique de l’Ouest a favorisé l’essor d’une classe moyenne, bien que sa définition reste complexe ».
Alors que la Banque mondiale prévoit que cette classe moyenne représentera 1,2 milliard de personnes en 2025, la BAD estime pour sa part déjà qu’un Africain sur trois appartient à cette catégorie (revenus entre 2,2 et 20 dollars par jour), selon le document.
Il note que « le marché du travail est le moteur principal de cette évolution, et malgré les inégalités persistantes, les femmes y participent de plus en plus activement ».
Toutefois, l’accès des femmes à l’emploi se heurte à un déséquilibre structurel, selon la note de presse, pertinente, entre autres, que les femmes assument la quasi-totalité des tâches domestiques non rémunérées.
”Contrainte de se consacrer au travail domestique plutôt qu’au travail salarié”
Ou encore, «ce contrainte restreint leur participation au marché du travail, réduit leur productivité et prive l’économie de points de croissance précieux».
Les auteurs signalent également que dans la sous-région, « l’économie reste marquée par une forte dualité entre le secteur formel et l’informel », à l’exception de la Côte d’Ivoire, où « le salaire féminin formel est plus marqué ».
La majorité des femmes naviguent dans l’informel ou restent exclues du système.
Ils évoquent la « situation critique » des jeunes femmes de 15 à 35 ans, dont une grande partie n’est ni en emploi, ni en éducation, ni en formation.
Selon les auteurs, « l’expérience internationale (Suède, Norvège, Pays-Bas) démontre que le taux d’emploi des mères est corrélé à la disponibilité des systèmes de garde ».
En effet, « plus une mère est éloignée de ces services, plus elle est contrainte de se consacrer au travail domestique plutôt qu’au travail salarié ».
L’analyse des auteurs « repose ici sur le modèle néo-classique où la mère est l’agent principal : pour travailler, elle doit externaliser la garde de ses enfants ».
Ils notent que « le coût et l’élasticité de la demande pour ces services deviennent alors des variables déterminantes de son offre de travail ».
La note de presse signale qu’à travers cet ouvrage, « le lecteur va se rendre compte que malgré une participation active au marché du travail, les femmes restent freinées par le poids des tâches domestiques non rémunérées et le manque d’infrastructures sociales ».
Elle ajoute qu’en s’appuyant sur des données statistiques (BAD, FMI, Afristat) et des modèles économiques, l’étude démontre que la disponibilité et le coût des modes de garde d’enfants sont les clés de l’arbitrage entre travail domestique et emploi salarié.
L’ouvrage se veut « un outil de référence pour les décideurs », car proposant aussi « des solutions stratégiques pour transformer la contrainte de la garde d’enfants en un levier de croissance économique inclusive dans la sous-région, étant donné les possibilités d’investissements offertes à l’État pour pallier à ce manque et la niche porteuse ouverte au secteur privé ».
L’auteur François Joseph Cabral, par ailleurs recteur et coordonnateur du Projet de l’Université du Sénégal Oriental (USO), a annoncé que les bénéfices de son ouvrage seront entièrement reversés à la future crèche qui va voir le jour au sein de l’USO.
A travers cet ouvrage, le professeur François Joseph Cabral rend hommage à l’ancienne directrice du CESTI, Eugénie Rokhaya Aw, « une dame qui, toute sa vie durant, a œuvré pour l’amélioration de la condition de la femme africaine ».
Hommage à Eugénie Rokhaya Aw Ndiaye
Militante de la cause des femmes, Eugénie Rokhaya Aw Ndiaye, ancienne directrice du Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI) de Dakar, a également présidé le Tribunal des pairs du CORED. Elle est décédée le 4 juillet 2022, à l’âge de 70 ans.
Professeur titulaire, Joe Cabral, économiste, est recteur-coordonnateur du Projet de l’Université du Sénégal Oriental (USO) depuis mai 2025.
Selon la note de presse, il est le directeur du Laboratoire de recherches sur les institutions et la croissance (LINC) de l’UCAD et est le coordonnateur scientifique du Consortium pour la recherche économique et sociale (CRES).
La même source rappelle qu’après un doctorat obtenu en 2005 à l’UCAD, il a effectué un post-doctorat au Centre interuniversitaire sur le risque, les économiques politiques et l’emploi (CIRPÉE) de l’Université Laval au Québec en 2007, où il avait au préalable d’un séjour de recherche dans le cadre de ses travaux de thèse, avec le soutien du réseau Partenariat pour les politiques économiques (Pep) dont il est membre.
Joe Cabral est également membre de l’African Growth and Development Policy Modeling Consortium (AGRODEP) et chercheur associé au Groupe de recherche sur le développement international (GREDI) de l’Université de Sherbrooke, au Canada.
Ses travaux de recherche portent sur les questions de croissance, du marché du travail, de distribution des revenus, de la classe moyenne, de l’agriculture, des changements climatiques, de la libéralisation commerciale et de modélisation appliquée à l’économie.
Il a réalisé de nombreuses recherches et études, en collaboration avec plusieurs institutions (AERC, IFPRI, CIRPEE, GDN, CRDI, BROOKINGS INSTITUTE, CEDEAO, BAD, BIT, Banque mondiale, CNUCED, ministères, etc.).



