Un secteur sous pression | SènePlus

Au lendemain de la sortie du Premier ministre Ousmane Sonko sur les conventions liant l’État à plusieurs entreprises opérant dans des secteurs stratégiques, les cimenteries installées au Sénégal ont publié un communiqué conjoint pour défendre leur contribution à l’économie nationale.
Dans un communiqué conjoint publié hier vendredi 13 mars, au ton à la fois défensif et revendicatif, les industriels cimentiers ont rappelé l’ampleur de leur contribution au développement national, tout en répondant implicitement aux critiques entourant leurs conventions fiscales avec l’État. Entre légitimation de leurs avantages contractuels et appel à la stabilité institutionnelle, la filière se présente comme un pilier industriel sous pression, déterminé à défendre ses acquis.
Les industries cimentières implantées au Sénégal (SOCOCIM Industries, Dangote Cement Sénégal, Les Cimenteries du Sahel, Ciments de l’Afrique-Sénégal) ont tiré la sonnette d’alarme, face au ralentissement depuis près de deux ans, au blocage sensible du secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP), dont elles constituent un maillon essentiel, contrastant avec la croissance observée dans plusieurs économies de la sous-région ouestafricaine, où les secteurs industriels et de la construction enregistrent, par endroits, des rythmes. de croissance dépassant 20 %. Dans leur communiqué, les opérateurs de la filière rappellent l’ampleur de leurs investissements et leur contribution à l’économie nationale.
Selon leurs estimations, 600 milliards de francs CFA ont été injectés dans le domaine au cours des cinq dernières années. « Nous avons toujours privilégié une relation de confiance avec les autorités sénégalaises, traduisant notre volonté constante de contribuer à la stratégie de développement du pays tout en garantissant la viabilité économique des projets réalisés et les prix du ciment les plus bas d’Afrique de l’Ouest », soulignent-ils. Ces investissements, soulignés-ils, ont été consentis dans un contexte international particulièrement contraint, marqué par des perturbations des chaînes d’approvisionnement, une forte disponibilité des marchés énergétiques et une hausse généralisée des coûts des entrants industriels.
UNE CONTRIBUTION SOCIO-ECONOMIQUE MISE EN AVANT
Sur le plan social, les industriels revendiquent « plus de 10 000 emplois directs et indirects, notamment dans les secteurs du transport, de la distribution et de la construction ». Ils mettent également en avant leur rôle dans la modernisation du territoire et leur contribution à la construction des routes, des écoles et des hôpitaux, ainsi que leur engagement dans la formation professionnelle et les initiatives communautaires dans les domaines économique, social, éducatif et sanitaire. Ils mettent aussi en avant leur engagement dans la formation professionnelle ainsi que leurs initiatives en faveur des communautés locales, à travers divers programmes d’autonomisation économique, sociale, éducative et sanitaire.
Face aux critiques portant sur leurs conventions fiscales avec l’État, les entreprises tiennent à rappeler que ces mécanismes sont « des instruments classiques de politique économique » visant à attirer les investissements, accélérer l’industrialisation et soutenir la création d’emplois durables. Les avantages fiscaux dont elles bénéficient sont, selon les industriels, des instruments classiques de politique économique. Ces mécanismes incitatifs, accordés par les pouvoirs publics eux-mêmes, viseraient à attirer les investissements, accélérer l’industrialisation et soutenir la création d’emplois durables. Concernant les audits récents de leurs contrats avec l’État, elles affirment avoir coopéré pleinement « dans un esprit de transparence et de partenariat », tout en regrettant que les conclusions ne soient pas encore présentées formellement. Elles estiment qu’il est désormais « essentiel que les conclusions soient présentées dans un cadre officiel, clair et transparent, afin de garantir une appréciation objective et constructive des engagements pris par toutes les parties ».
CONTRACTUELS D’AUDITS : COOPERATION AFFIRMÉE, ATTENTES PERSISTANTES
Concernant les audits récents de leurs contrats les liant à l’Etat, les entreprises affirment avoir pleinement coopéré à ces procédures « dans un esprit de transparence et de partenariat », en mettant à disposition l’ensemble des informations requises « dans un esprit de transparence et de partenariat ». Toutefois, à ce stade, elles regrettent que les rapports définitifs n’aient fait l’objet d’aucune restitution officielle ni validation formelle par les autorités compétentes. Cette absence de communication nourrit une certaine incertitude parmi les industriels, qui appellent à la présentation des conclusions des audits dans un cadre institutionnel clair et transparent. Une telle démarche, apprécier-ils, permettra d’établir une appréciation objective des engagements contractuels des différentes parties.
UN APPEL A LA STABILITE DANS UN CONTEXTE INTERNATIONAL INCERTAIN
Au-delà des tensions institutionnelles, les cimenteries alertent sur les pressions croissantes qui pèsent sur leur compétitivité. La hausse des coûts de l’énergie, les tensions géopolitiques et la désorganisation persistante des circuits logistiques mondiaux pourraient, selon elles, entraîner une augmentation significative des coûts de production. Une telle évolution risquerait d’alimenter des pressions inflationnistes susceptibles de se répercuter sur l’ensemble de l’économie nationale, notamment dans un secteur stratégique comme celui de la construction.
Dans ce contexte, les industriels plaident pour la préservation d’un environnement économique stable et visible, condition essentielle à la poursuite des investissements. Ils rappellent également que le Sénégal bénéficie aujourd’hui de prix du ciment parmi les plus compétitifs d’Afrique de l’Ouest, un facteur déterminant dans un pays où l’accès au logement demeure un défi structurel majeur. La question est désormais entre les mains des autorités publiques, appelées à concilier les exigences de transparence fiscale avec la nécessité de préserver l’attractivité industrielle du pays.



