Société, Culture

Une dérive progressiste qui interpelle le football africain

J’ai assisté physiquement à plusieurs phases finales de la Coupe d’Afrique des Nations. J’avoue qu’un malaise s’installe, progressivement, profondément, jusqu’à devenir, aujourd’hui, une inquiétude majeure. Ainsi, j’ai consacré plusieurs articles à la dérive préoccupante de la Confédération Africaine de Football (CAF), constituant une analyse suivie, documentée et critique de son évolution récente.

Ces prises de position ne relevaient ni de l’émotion ni du chauvinisme. Elles s’inscrivaient dans une démarche d’observation rigoureuse et cumulative, fondée sur l’analyse des faits, des décisions et des signaux faibles qui, mis bout à bout, dessinaient une trajectoire préoccupante.

Ces différents articles ont tenté de démontrer que :

*1.* Ce n’est pas le jeu qui fragilise la CAN, mais son environnement institutionnel, marqué par des décisions difficiles à lire et une instabilité des règles ;

*2.* Le système de billetterie favorise l’émergence d’un marché parallèle, excluant de nombreux passionnés et remettant en cause l’accessibilité populaire de la concurrence ;

*3.* Le choix des périodes et, parfois, des pays organisateurs ne repose pas toujours sur des conditions optimales garantissant une pratique sportive de qualité ;

*4.* L’arbitrage donne le sentiment d’un décalage avec le niveau de progression du football africain ;

*5.* Les modalités de sélection des arbitres centraux et de l’assistance vidéo (VAR) manquent de transparence ;

*6.* La promotion d’arbitres fortement contestés fragilise la crédibilité du dispositif arbitral ;

*7.* Des inégalités existant dans les conditions d’hébergement et de prise en charge des délégations officielles ;

*8.* Une priorité excessive accordée aux sponsors dans la gestion des lieux, notamment dans les tribunes à forte visibilité, qui limitent l’accès du public et renforce un sentiment d’exclusion ;

*9.* Une communication institutionnelle tardive ou insuffisamment explicite entretenant l’incertitude au lieu de la dispersion ;

*10.* Une tentative de remise en cause de résultats, acquis sur le terrain, par des interprétations contestables des règlements, fragilise la notion même de vérité sportive ;

*11.* Des processus électoraux au sein des instances dirigeantes, perçus comme influencés par des logiques de copinage et de lobbying, interrogent la gouvernance d’un patrimoine commun.

*Fort de tout cela, j’ai dessiné d’intimes convictions :

*UN. La crédibilité de la CAN* impose une refondation immédiate de son environnement institutionnel, fondée sur la stabilité des règles et la lisibilité des décisions ;

*B. Le football africain* doit redevenir un bien public accessible, en mettant fin aux pratiques de billetterie exclusives et aux circuits parallèles ;

*C. Les choix de calendrier et de pays organisateurs* doivent relever exclusivement de critères sportifs, climatiques et organisationnels objectifs ;

*D. L’arbitrage africain* doit faire l’objet d’une réforme structurelle profonde, alignée sur l’exigence du niveau atteint par les joueurs et les équipes ;

*E. La transparence* dans la désignation des arbitres et l’utilisation de la VAR doit être établie en principe intangible ;

*F. La promotion des officiels* doit respecter strictement des critères de compétence, de performance et d’intégrité ;

*G. L’égalité de traitement des délégations* doit être garantie, sans distinction ni privilège ;

*H. La gouvernance du football africain* doit rééquilibrer les rapports entre intérêts commerciaux et vocation populaire du sport ;

*JE. La communication institutionnelle* doit devenir un instrument de confiance, anticipée, claire et responsable ;

*J. Le terrain* doit rester le seul arbitre définitif de la vérité sportive, sans interférence opportuniste ;

*K. Les processus électoraux* doivent être minutieusement assassinés afin de mettre fin aux logiques de captation du pouvoir par des réseaux d’influence ;

*L. Enfin, l’Afrique doit se doter d’une CAF véritablement* émancipée, capable de dialoguer avec la FIFA dans un rapport d’équilibre, et non de dépendance, afin de préserver sa souveraineté sportive.

Le niveau actuel du football africain par le haut rend incontournable une refondation urgente de la CAF, au service de l’Afrique, de sa souveraineté sportive et de tous les amoureux de cette discipline.

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