une opportunité à ne pas manquer »

Position sur les récentes réformes de l’ARP
Les récents changements au sein de l’Agence de Réglementation du Pharmaceutique (ARP) vont inévitablement provoquer des réactions.
Certains lobbys pharmaceutiques, qu’ils soient économiques ou liés à des positions politiques, ne s’en réjouiront pas.
C’est compréhensible.
Mais compte tenu de la situation que traversait l’institution, ces décisions apparaissent désormais nécessaires et inévitables.
- Une réforme qui bouscule les intérêts établis
Du côté de certains acteurs économiques, des interrogations émergent légitimement, notamment autour de l’application de la loi de corrélation.
Dans certains cas, des écarts dans sa mise en œuvre pourraient être perçus comme un instrument de restriction de la concurrence, plutôt que comme un mécanisme de régulation équilibré.
Les conséquences d’une mauvaise application de cette loi pourraient apparaître à court terme :
• pénuries de produits,
• une réduction de l’offre,
• une pression accrue sur les médicaments princeps,
• ainsi que les impacts sociaux, notamment en termes d’emploi.
Ces préoccupations doivent être entendues, sans remettre en cause la nécessité de réformes structurelles profondes.
- Une recomposition politique inévitable
Sur le plan politique également, ces changements ne sont pas neutres :
• certaines attentes en matière de promotion ont été déçues,
• les équilibres internes ont été perturbés,
• et des tensions auraient pu influencer la séquence.
Cependant, le profil choisi aujourd’hui semble dépasser la logique de positionnement politique, ce qui constitue un signal positif pour l’institution.
- Appel à une gouvernance fondée sur le mérite
À la nouvelle direction, un message clair :
Garantir l’indépendance, la transparence et le mérite.
Cela implique notamment :
• des appels à candidatures ouverts et compétitifs,
• sélection basée sur la compétence,
• la fin de toute perception de recrutement basé sur l’appartenance politique.
L’ARP doit rester une institution technique, et non un espace de positionnement partisan.
- Sur les inspecteurs : une position équilibrée
Il est essentiel d’adopter une lecture correcte :
✔ Oui, les inspecteurs ont agi dans un contexte difficile.
✔ Oui, il y avait un risque qu’ils soient désignés comme seuls responsables.
Mais :
❌ La communication publique n’a pas respecté les obligations légales.
❌ Le devoir de confidentialité (article 5) s’impose à chacun.
Les inspecteurs ne peuvent, dans l’exercice de leurs fonctions, se défendre publiquement à travers les réseaux sociaux ou des positions individuelles.
Il faut désormais sortir d’une logique d’affrontement et aller vers une régulation institutionnelle apaisée, cohérente et structurée.
- Besoin de nettoyer l’ARP
La priorité aujourd’hui est claire :
✔ mettre fin au clanisme,
✔ restaurer la confiance interne,
✔ protéger l’indépendance technique.
Un inspecteur doit effectuer :
• dans l’anonymat,
• à l’abri des pressions,
• dans un cadre institutionnel sécurisé.
Dans cette logique, les réaffectations fonctionnelles peuvent être considérées, non pas comme des sanctions, mais comme des mesures de stabilisation.
- Clarification sur la nomination et accompagnement de la nouvelle direction
Arrêtez la confusion.
Pour occuper les fonctions de
Directeur de l’Inspection Pharmaceutique, de la Surveillance et de la Vigilance du Marché,
il n’est pas nécessaire d’être titulaire d’une maîtrise dans chacun de ces domaines.
Le cadre réglementaire et académique repose avant tout sur une exigence fondamentale :
être titulaire d’un doctorat en pharmacie, formation par nature pluridisciplinaire, couvrant les dimensions scientifiques, réglementaires et sanitaires.
Dans ce cas,
Serigne Oumar Sarr :
• est pharmacien industriel,
• est professeur titulaire d’université,
• est le concepteur du Master Régulation Pharmaceutique,
• et dispose d’une légitimité académique et scientifique reconnue.
Par ailleurs, concernant le master en inspection pharmaceutique :
Le Professeur Serigne Oumar Sarr figure parmi les principaux formateurs et animateurs de cette formation.
Enfin, il est essentiel de rappeler que ce poste ne se limite pas à l’inspection :
elle inclut également la surveillance des marchés et la vigilance sanitaire, nécessitant une vision globale, intégrée et stratégique.
Sa nomination s’inscrit ainsi dans une logique de renforcement de la crédibilité technique et institutionnelle.
Conclusion
Les changements en cours à l’ARP marquent un tournant.
Ils ne feront pas l’unanimité.
Mais ils offrent une opportunité stratégique majeure :
celui de reconstruire une régulation pharmaceutique crédible, indépendante et orientée vers l’intérêt général.
Reste désormais à mener le même effort de consolidation au niveau de l’Ordre des pharmaciens, afin de garantir une représentation équitable, au service de l’ensemble de la profession, et non d’intérêts particuliers.
Dr Mamoudou Ba
Pharmacien – option Industrie
Sécurité des médicaments et affaires réglementaires
Commercialisation pharmaceutique


