Sexe, chantage et identités fictives : l’affaire Ouzin Keita touche plusieurs villes

Une affaire aux connotations sulfureuses secoue actuellement le Sénégal et risque de provoquer de fortes vagues bien au-delà des frontières nationales. Selon les révélations du quotidien Libération, la Direction des enquêtes criminelles (DIC) a mis au jour un vaste réseau mêlant rencontres sexuelles rémunérées, chantage sexuel et organisation structurée via les réseaux sociaux.
Tout est parti d’un renseignement opérationnel soigneusement exploité par les enquêteurs. En creusant cette piste, la DIC a découvert un système bien rodé qui s’appuie notamment sur deux groupes WhatsApp regroupant près de 500 membres. Selon Libération, le principal administrateur de ces groupes se trouve en Gambie, ce qui donne à l’affaire une dimension transfrontalière.
Un réseau structuré entre Dakar, Thiès, Kaolack et la Gambie
L’enquête a révélé l’existence de réseaux structurés opérant dans plusieurs villes, dont Dakar, Thiès et Kaolack, avec des ramifications en Gambie. Plusieurs membres ont utilisé des identités fictives pour dissimuler leurs activités et tromper leurs interlocuteurs.
A ce stade de la procédure, les enquêteurs ont déjà interpellé plusieurs suspects. Parmi eux figurent Ousseynou Keita alias « Ouzin » (39 ans), considéré comme une figure centrale du dossier, mais aussi Macky Tall, Djibril Coly, Pape Samba Faye, Mamadou Lamine Saidy Ba, de nationalité gambienne, ainsi que plusieurs autres personnes, pour la plupart âgées d’une vingtaine d’années. Le dossier concerne également deux mineurs, dont l’un n’a que 14 ans, ce qui renforce la gravité des faits.
Une interpellation dans un appartement de Ouest-Foire
Comme Libération l’avait déjà révélé, une partie du groupe a été surprise le 6 mars au soir dans un appartement situé à Ouest-Foire. Sur place, les enquêteurs ont saisi du matériel jugé compromettant.
Entendu par les enquêteurs, l’étudiant Toube Touré Ndiaye a tenté de minimiser sa présence sur les lieux. Il affirmait s’y être rendu uniquement pour boire du vin à l’invitation d’un ami, niant toute participation à une relation sexuelle collective. Mais ses déclarations ont pris une autre tournure lorsqu’il a avoué être homosexuel pendant plusieurs années, mentionnant même un « tradipraticien » basé à Kaolack qu’il a présenté comme sa compagne.
Révélations embarrassantes et contradictions
Au fil des auditions, les langues se sont déliées. Certains des accusés ont reconnu des relations avec d’autres membres du réseau, tandis que d’autres ont tenté de le nier avant d’être démentis par l’exploitation de leurs téléphones.
Selon Libération, plusieurs suspects ont été trahis par le contenu trouvé sur leurs appareils, notamment des messages compromettants, des photos intimes et des vidéos à caractère sexuel. Certains auraient même régulièrement envoyé des photos d’eux nus à leurs partenaires.
Les déclarations mettent également en lumière les relations croisées entre certains membres du groupe. Ainsi, El Hadji Malick Paye, alias « Cul », a avoué une relation avec Alioune Badara Thiam, qui a reconnu être bisexuel. Les enquêteurs ont également découvert des sex tapes impliquant plusieurs protagonistes, confirmant l’existence de liens étroits entre certains suspects.
Confessions et passé traumatisant évoqués
Plusieurs personnes interrogées ont expliqué leur orientation ou leurs relations par des expériences traumatisantes remontant à l’enfance. L’un des suspects a raconté avoir été violé à l’âge de 11 ans, tandis qu’un autre a affirmé avoir été agressé à plusieurs reprises par un proche lorsqu’il avait 12 ans.
Ces révélations, inscrites au dossier d’enquête, compliquent un dossier déjà particulièrement sensible.
Une dimension sanitaire inquiétante
Autre élément inquiétant : cinq des personnes mises en cause sont séropositives, selon les informations rapportées par Libération. Ces données ajoutent une dimension sanitaire à ce dossier déjà explosif, notamment en raison des accusations de transmission volontaire de maladies évoquées dans l’enquête.



