Wall Street termine en baisse, rattrapée par la hausse du pétrole

La Bourse de New York a clôturé dans le rouge vendredi, au terme d’une semaine une nouvelle fois marquée par une forte hausse des prix du pétrole, qui a ravivé les craintes inflationnistes et fait grimper les taux obligataires.
Le Dow Jones a chuté de 0,26%, l’indice technologique Nasdaq de 0,93% et l’indice plus large S&P 500 de 0,61%.
Constatant une stabilisation des prix du pétrole à l’ouverture, “le marché a tenté de se redresser ce matin, même s’il n’y avait aucun signe de fin de la guerre en Iran”, souligne José Torres d’Interactive Brokers.
Cela n’a duré qu’une petite partie de la séance, les actions retombant dans le rouge face au rebond des prix des hydrocarbures.
“Comme les Etats-Unis n’ont pas réussi à escorter les navires à travers le détroit (d’Ormuz), que les assurances américaines se sont révélées inefficaces et que les compagnies ont décidé de suspendre leurs opérations de transport, nous entrons désormais dans une grave crise d’approvisionnement”, prévient Sam Stovall, de CFRA.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a estimé jeudi dans un rapport que la production des pays du Golfe avait été réduite d’environ 30 %, soit 10 millions de barils par jour.
La navigation dans le détroit d’Ormuz, une route clé pour les exportations d’hydrocarbures de la région, reste pratiquement impossible.
Le baril de Brent, référence internationale du pétrole, s’est envolé de plus de 42 % depuis le premier jour de guerre au Moyen-Orient, le 28 février.
Mais les indices américains ont connu une baisse modérée sur la même période : autour de 3,6% pour le S&P 500 et de 4,9% pour le Dow Jones, au plus bas depuis novembre.
Pour Sam Stovall, deux hypothèses sont possibles : soit « cela suggère que la situation ne sera pas aussi grave que nous l’anticipons » pour l’économie américaine.
“Ou cela signifie simplement que Wall Street ignore les véritables implications négatives que cette rupture d’approvisionnement pourrait avoir sur le marché boursier et sur l’économie.”
Sur le marché obligataire, la tension est restée palpable.
Le rendement à dix ans des obligations d’Etat américaines, la maturité de référence, était de 4,28% vers 20H25 GMT, contre 3,94% avant les premières frappes israélo-américaines en Iran.
Ces taux guident les coûts d’emprunt des ménages américains, tout comme ceux de la Réserve fédérale.
Les analystes s’attendent également à ce que le prochain assouplissement monétaire de la Fed ait lieu en octobre, contre juin prévu précédemment, selon l’outil de suivi CME FedWatch.
Les acteurs du marché américain ont également salué vendredi une multitude de nouveaux indicateurs, notamment un PIB bien inférieur aux attentes pour le dernier trimestre 2025, ce qui a entraîné une légère variation des prix.
Du côté des affaires, l’éditeur de logiciels Adobe (-7,58% à 249,32 dollars) était à la peine, après l’annonce du départ prochain de son patron, qui a dirigé l’entreprise pendant près de vingt ans.
Ces perspectives ont éclipsé les résultats meilleurs que prévu d’Adobe pour le premier trimestre de son exercice décalé.
Les magasins de produits cosmétiques Ulta Beauty (-14,24% à 535,72 dollars) ont également été boudés, en raison de performances trimestrielles décevantes. [AFP]



