Washington annonce des sanctions contre l’armée rwandaise pour son soutien au M23

Ces sanctions ont été évoquées, depuis près de deux mois. Concrètement, l’armée rwandaise est placée sur la liste américaine des sanctions, ce qui entraîne le gel des avoirs aux États-Unis et l’interdiction de toute transaction avec des personnes ou entreprises américaines. Une exception temporaire est toutefois prévue pour les contrats ou opérations déjà en cours, jusqu’au 1er avril 2026.
Thomas Pigott, l’un des porte-parole du Département d’État, a ainsi tenu à remplacer ces sanctions dans leur contexte. Quelques jours seulement après la signature de la déclaration relative aux accords de Washington, des combattants du M23 soutenus par le Rwanda, précisent-ils, ont pris le contrôle d’Uvira. Une violation manifeste de ces accords, ajoute le porte-parole.
Thomas Pigott le rappelle : le M23 est déjà une entité sanctionnée par les États-Unis et par les Nations unies. Toujours selon lui, le mouvement est responsable de graves violations des droits humains, de violences contre des civils, y compris des femmes et des enfants. C’est le soutien continu de l’armée rwandaise et de sa haute hiérarchie qui a permis au M23 de s’emparer de territoires souverains de la RDC et de poursuivre ces exactions, affirme-t-il.
« La mesure annoncée aujourd’hui illustre la détermination des États-Unis à faire respecter les accords de Washington », a déclaré Thomas Pigott, avant d’ajouter que les États-Unis sont prêts à utiliser tous les outils disponibles, en citant les propositions du président Trump lui-même.
Quatre généraux sanctionnés
Quatre généraux rwandais sont au passage sanctionnés. Le premier ministre, Mubarakh Muganga, est le chef d’État-major général des armées du Rwanda. Il a 30 ans de carrière, et a été formé au pays, en Égypte, en Chine. Avant juin 2023, il commandait l’armée de terre. C’est là, dit Washington, qu’il a planifié et commandé les opérations rwandaises dans l’est de la RDC.
Vient ensuite Vincent Nyakarundi, qui est chef d’état-major de l’armée de terre aujourd’hui. Cet officier aguerri a notamment commandé un contingent rwandais lors de la Mission de l’Union africaine au Soudan, en 2004. Selon Washington, ses forces terrestres ont conduit des opérations directes en soutien au M23.
Troisième nom, Ruki Karusisi, le commandant de la 5e division d’infanterie et ancien patron des forces spéciales rwandaises. C’est à ce titre, précise Washington, qu’il a supervisé des opérations en faveur du M23. Il était déjà sanctionné par l’Union européenne depuis mars 2025. Pour Bruxelles, il est responsable d’entretenir le conflit, l’instabilité et l’insécurité dans l’est de la RDC.
Washington tient ces quatre hauts gradés pour responsables du soutien direct de l’armée rwandaise au M23.
Les États-Unis rapportent que des milliers de soldats rwandais sont déployés dans l’est de la RDC, qu’ils combattent aux côtés du M23, qu’ils forment ses recrues, y comprennent des réfugiés. Ils ont introduit sur le terrain des équipements avancés, des drones, des systèmes de brouillage GPS, des équipements de défense aérienne. Le tout, dit Washington, pour permettre au M23 de tenir le territoire.
Dans un communiqué diffusé ce lundi soir, Kinshasa a exprimé sa « profonde reconnaissance aux États-Unis », saluant ainsi la décision de Washington. « Ces mesures constituant un signal clair en faveur du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC », salue le communiqué du ministère de la Communication.
« La décision du président Trump et de son administration marque un tournant », ajoute sur X la cheffe de la diplomatie congolaise, « une parole donnée ne peut être perpétuellement bafouée, et le mépris assumé des vies humaines ne saurait perdurer. […] nous restons unis, indivisibles et debout », écrit Thérèse Kayikwamba Wagner.



