Politique

Les États-Unis règlent une fraction de leur dette envers l’ONU alors que Donald Trump lance un organisme de surveillance

L’Organisation des Nations Unies (ONU) vient de recevoir un paiement partiel de la part des États-Unis pour couvrir une partie de ses arriérés de contributions. Cette transaction financière intervient dans un contexte de crise budgétaire aiguë pour l’institution internationale, au moment même où l’administration de Donald Trump redéfinit publiquement ses relations avec l’entité onusienne en mettant en place une nouvelle structure diplomatique.

Selon les informations relayées par Al Jazeera, le versement américain s’élèverait à environ 160 millions de dollars. Une somme affectée au budget de fonctionnement régulier, mais qui s’inscrit dans une dette globale estimée à près de 4 milliards de dollars. Dans le détail, Washington doit environ 2,196 milliards de dollars au budget ordinaire de l’ONU – dont 767 millions pour l’année en cours – et 1,8 milliard de dollars destinés aux opérations de maintien de la paix. Les responsables de l’ONU précisent que les États-Unis représentent à eux seuls environ 95 % des arriérés du budget ordinaire.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a mis en garde le mois dernier contre un risque d’effondrement financier imminent. Sans paiement rapide des contributions des 193 États membres, le budget de fonctionnement ordinaire pourrait être épuisé dès juillet. Le système de financement nécessite une participation basée sur la capacité économique de chaque pays, allant de 0,001% pour les plus pauvres jusqu’à un plafond de 22% pour les plus riches, seuil atteint par les Etats-Unis.

Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, Donald Trump a multiplié les coupes dans l’aide étrangère et a retiré son gouvernement de 31 programmes de l’ONU. Le dirigeant américain avait d’ailleurs vivement critiqué l’organisation lors de l’Assemblée générale de septembre, qualifiant ses résolutions de simples lettres suivies de « mots creux ».

Un point d’inflexion a cependant été constaté ce jeudi lors de la réunion inaugurale de son « Board of Peace » à Washington. Donald Trump a assuré vouloir travailler en étroite collaboration avec l’ONU. “Nous allons les aider financièrement et nous allons faire en sorte que l’ONU soit viable”, a-t-il déclaré, reconnaissant les difficultés économiques de l’organisation, sans évoquer explicitement le calendrier de règlement du reste des arriérés américains.

Cette promesse de soutien s’articule autour de la création de ce nouveau Conseil de paix, initialement présenté pour superviser le cessez-le-feu à Gaza. Selon Al Jazeera, plusieurs critiques identifient cet organe, présidé par le président américain lui-même, comme un système parallèle risquant de concurrencer le rôle du Conseil de sécurité des Nations Unies dans la gestion des conflits mondiaux. Donald Trump a confirmé cette orientation de surveillance en affirmant jeudi que son Conseil de paix “va quasiment surveiller les Nations Unies et s’assurer de leur bon fonctionnement”.

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